monnaie nickel, arrangement qui permettrait à lItalie deffectuer la transformation depuis longtemps projetée. »

Le troc serait même dautant plus avanta­geux pour lItalie que, sur le poids de ses 82 millions de sous, elle livrerait à lAlle­magne au moins la moitié en crassse et lau­tre moitié à peine en métal.

Quant aux canons que les Prussiens fabri­queraient avec ce dernier, son origine même les exposerait heureusement pour nous à tous les dangers du recul inhérent à la nature italienne sur le champ de bataille, sa traîtrise habituelle serait capable de les faires décharger par la culasse.

Nous formons des vœux pour la «réussite » de cette opération entre les deux triplalliis- nés.

Le rejeton déjeté du moins heureux des trois, lhéritier présomptif de la couronne macaronique, se trouve décidément aussi mal en point que le trône chancelant de son père :

« Le Messageroe l dautres journaux confir­ment que la santé du Toi de Naples laisse à désirer.

« Le prince est atteint dune grande fai­blesse et ne peut mouvoir son bras gauche quavec difficulté.

« Il est soumis à un régime de bains et de douches. »

Dont il nest pas seul à avoir le plus ur­gent besoin dans les régions officielles de sa fripouilleuse patrie.

Les bienfaits de ce régime devraient être judicieusement étendus à sa peu auguste famille et, avec laide complémentaire dune camisole de force, au signor Francesco Crispi, son premier et dernier minisire, qui possède en Angleterre de si précieuses sym­pathies :

« Il y a quelques jours, un haut person­nage étranger a fait une visite à M. Corné­lius Herz à Bournemouth. Le but de cette démarche était dobtenir quelques documents pouvant servir contre M. Crispi. Le malade de Bournemouth, qui a un dossier concer­nant le président du Conseil italien, a re­poussé nettement la demande qui lui était faite pour des raisons quil a qualifiées lui- même « daussi particulières que person­nelles ».

Il paraît que ces « raisons » ne sont con­nues que des loups « qui ne se mangent pas entre eux » et des « larrons en foire ».

Touché de tant de délicatesse, on assure que lillustrissime et macaronissime Fran­cesco pour confondre ses détracteurs qui laccusent davoir t vendu » le grand-cordon des Saints Maurice et Lazare à son compère Cornélius va lui faire octroyer « gratuite­ment » le collier de lAnnonciade, conférant à ce pauvre Herz le privilège dêtre appelé par II Re Umberto: «Mon cousin... germain.*

En reconnaissance, le diabétique de Bour­nemouth profitera de sa maladie pour adou­cir à son ami Crispi les amertumes du pou­voir, en «saccharifiant » le contenu du calice que Cavallotti veut lui faire boire jusquà la lie.

U. Maurice Tic.

Ce quen vaut laune

« Le Conseil de lOrdre de la Légion dhon­neur vient de démissionner.

Les membres qui le composent nont pas cru devoir rester en fonctions, après le vote de la Chambre, qui clôtura linterpellation de lhonorable M. Pourquery de Boisserin. »

Cette démission est bien tardive et eût été donnée avec beaucoup plus Honneur pour la Légion lorsquon savisa dy incorporer la bande panamiste et lhomme à la Tour.

Ceux qui avaient contresigné sans sour­ciller ni sindigner des nominations aussi scandaleuses, sont assez mal venus aujour­dhui à protester contre la « réparation d 'Hon-, neur » faite à la Légion par lamputation de membres indignes.

Le général Février un brave fils de Mars, nen déplaise au calendrier possède, fort heureusement pour lui, dans ses états de services, de plus glorieuses campagnes que cette capitulation ; et il a le plus grand tort de paraître se solidariser avec La-Tour-Eiffel, comme sil sagissait de La-Tour-dAuver­gne.

AU I mais, cest que ce nest pas du tout la même chose, mon général! cest même tout le contraire, scrongneugneu! tendez-vous c' que f vous remémore"!

-<(»)>-

Parmi ses remplaçants éventuels « on cite le nom de M. Casimir-Perier, granderoix de

la Légion dhonneur, le seul qui soit légale­ment dans les conditions requises pour re­cueillir la succession du général Février. »

Si le gouvernement « gaffeur » qui sagite et que la Chambre mène se décidait à favo­riser cette candidature, nous lengagerions véhémentement à se préoccuper aussitôt de pourvoir à une nouvelle vacance de ce poste de grand-chancelier, car Casimir selon son habitude invétérée ne saurait larder à don­ner sa « huitaine ».

-<(»)>-

« Il circule d'inquiétantes nouvelles sur la santé du duc dOrléans.

« Depuis quelques jours à peu près de­puis le retour de Mme Melba à Londres létat du malade sest aggravé. »

Voyons, Juliette, soyez raisonnable, ne dé­rangez pas comme ça lappareil qui doit ra­bibocher la patte cassée de Roméo 1

Que diable 1 vous avez bien le temps den­tendre chanter avec lui « le rossignol » sans surmener cet invalide :

Non, ce nest pas le jour...

Maintenant, ma fille, après tout, ça te re­garde ; mets-le bas, plus bas encore quil nest, si tel est ton bon plaisir ; car, sil existe une oiselle inquiète et préoccupée du sort de ton gros pigeon enamouré,

Ce nest pas « l'alouette »!,.. gauloise -<(«)>-

« Une très grande artiste, lune des plus illustres cantatrices françaises, Mme Car- valho, née Caroline Miolan, vient dermourir dans sa soixante-huitième année. Elle avait quitté depuis une dizaine dannées la scène de l'Opéra-Comique, qui avait été le théâtre de ses plus be ux triomphes. »

Et dont son mari devait, plus tard, « brû­ler les planches » si lamentablement.

La perte de cette reiae-Marguerite est dau­tant plus vivement ressentie par lart fran­çais, que lon voit la plupart des héritières de ses rôles chez M. Carvalho miaulant.

Guillery.

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ANECDOTES ET BONS MOTS

Un valet de chambre comparaît devant le jnge dinstruction :

Votre maître était très bon pour vous.

Oh ! oh ! pas tant que ça ! Il enfermait

ses liqueurs, ses cigares, et puis il était tou­jours quand une dame venait le deman­der!

Votre maître, avant de porter plainte, avait promis de ne rien faire contre vous si vousvouliez lui rendra sa montre ou lui dire elle so trouvait...

Le larbin, avec un air dégoûté :

Oh ! ça, cétait du vrai chantage !

Ducrampon dînait lautre soir chez Ver- plumot.

Selon son habitude, Ducrampon a large­ment fêté les grands crus.

Au dessert, il se lève et, sadressant à la maîtresse de la maison avec un sourire des plus gracieux et un malin clignement dœil.

Comprenez, chère madame, ce nest pas tout de boire et...

Et il sort!...

Aquel.

" .. .. -

« GNONS » ET TROGNONS

Le sinistre Stambouloff banni du pou­voir, en Bulgarie, comme son modèle Bis- marck-le-Fauve en Allemagne vient dêtre massacré, en pleine rue de Sofia, par quel­ques-uns de ses élèves..., si lon en juge à lacharnement sauvage avec lequel ses agresseurs lui ont coupé les deux mains, crevé un œil, haché le crâne et logé une balle dans le dos.

Il nen est même pas mort sur le coup, ce qui eût fait dire dans mon pays : « Si cétait la vache dun pauvre homme...»; mais enfin, il en est c...laqué tout de même.

Le bruit court et ses meurtriers aussi que feu le major Panilza, fusillé par son ordre, est impliqué dans laffaire; mais ce qui paraît encore plus difficile à trouver que les vengeurs de ce héros des Balkans, ce sont des Bulgares disposés à sapitoyer sur le sort funeste de leur ex-dictateur frais occis.

Sa popularité était devenue telle dans le pays quil terrorisa si cruellement que les gendarmes témoins de son « exécution » se sauvèrent, du côté opposé à celui ses chourineurs prenaient la fuite, et arrêtèrent son fidèle larbin, coupable... davoir tenté de le défendre !

Quant aux nombreux citoyens de Sofia,

qui circulaient à lheure du crime, dans rue « très fréquentée » il sest commis, ils semblent se faire un jeu de répondre à ceux qui leur demandent de signaler le cou­pable à la justice : t Cherchez le Bulgare ! »

Il nen est pas moins regrettable que des justiciers impatients aient ainsi soustrait lancien premier ministre de Ferdinand le-Noceur au tribunal devant lequel il était cité à comparaître ; et sils eussent dai­gné nous demander notre humble avis, nous leur eussions répondu avec notre grand Hugo :

Ce pandour, tôt ou tard, Messieurs, sera pendu; Ayez donc tout légard, pour lui, qui lui est.

Enfin, ce qui est fait est fait ; et, puisque ce distique arrive trop tard pour le protéger vivant, on pourrait toujours lutiliser comme épigraphe de son oraison funèbre.

Passant du grave au doux, on mande de Mansfieldt( Angleterre) :

« Sir 'William Harcourt venait de pronon­cer hier soir un discours dans un meeting libéral, et il sen retournait à son hôtel, ac­compagné de sa femme, en voiture décou­verte, quand une bande de jeunes gens to­ries lassaillit dune grêle de projectiles de toute nature, dont lun le frappa au visage et dont lady Harcourt reçut sa part.

« La voiture était pleine de trognons de choux. »

On ne dit pas si cétaient des choux- fleurs ?

Espérons que lex-lieutenant du sénile Gladstone et de son « clerc de lune » Rose- bery les conservera soigneusement pour les offrir de la même manière à son rem­plaçant, lord Salisbury, lorsquà son tour il dégringolera du pouvoir.

Allons, saute, marquis !...

-ra­il parait quà Saint-Pétersbourg, lan pro­chain, et pour faire exulter les souscripteurs à lemprunt chinois :

« Les fêtes du couronnement dépasseront tout ce que lon peut imaginer en luxe ; le carrosse impérial sera traîné par huit che­vaux dont les harnais seront en or ; les har­nais ont été commandés à Paris, qui est la ville par excellence pour le goût et le luxe.»

Mais, hélas ! on y trouverait même des badauds pour briguer « lhonneur » de rem­placer les chevaux sous ces harnais... et qui s 'emballeraient comme « la plus noble con­quête que les Cosaques aient jamais faite ».

Beaujolais.

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ÉCHOS

Une statistique passablement lugubre.

Depuis le 21 mai 1894, aucun criminel na été guillotiné à Paris, et comme il ny a ac­tuellement aucun condamné à mort il ny aura, par conséquent, aucune exécution avant plusieurs mois.

Le fait est assez rare ; il ne sest produit que deux fois en vingt-cinq ans: en 1870 et 1871, aucun condamné ne fut «guillo­tiné », et en 1882-1883.

Depuis 1888, en sept ans par conséquent, il y a eu dix-huit exécutions capitales à Paris.

Mais M. de Paris va dans les départements il est parfois appelé en même temps de différents côtés, tant et si bien quil ne sait souvent plus donner de la tête si jose mexprimer ainsi.

o

La faim, qui assouplit et dompte les fau­ves les plus féroces, donne du courage aux lièvres les plus poltrons. Les lièvres suis­ses, notamment, sont devenus, à la suite de cet hiver rigoureux, de véritables foudres de guerre. Ils ravagentlittéralement, à lheure quil est, divers villages de la Haute-Ve- veyse, envahissant les jardins, les habita­tions, rongeant les jeunes arbres, et, si nous en croyons une correspondance locale, dévo­rant « les jeunes pousses à la barbe même des chiens de garde ».

Passe pour la barbe de capucin, mais ce goût des lièvres pour les jeunes pousses de barbe des chiens des chiens barbets... évi­demment nous paraît excessif.

Quoi quil en soit, plaignons les pauvres paysans suisses, ainsi mis à mal par les liè­vres, comme lAustralie par les lapins, et menacés de mourir de faim par suite de cette extraordinaire invasion de civet.

O

La propagande, pour qui la fin justifie évi­demment les moyens, prend parfois les for­mes les plus inattendues.

Yeut-on savoir quel « truc » ingénieux les catholiques de Gand ont inventé pour proté­ger leurs idées au sujet de la nécessité du repos du dimanche 7

Leur « Ligue pour le repos du dimanche » vient de faire fabriquer des jeux de cartes spéciaux dont tous les as portent, en flamand et en français, cet appel aux bons senti­ments des joueurs gantois:

« Nentrez pas dans les magasins le di­manche après midi, afin de permettre à ceux qui sont obligés de travailler le dimanche, de jouir aussi dune demi-journée de repos».

Ces jeux de cartes sont vendus au profit de la Ligue pour le repos dominical.

Cest lart de réformer... en jouant. Une façon de propagande qui, comme on voit, ne perd pas la carte.

Douvillk.

-4,-

Les Gaietés de la Finance

La Bourse sest alourdie, mais nul ne sen inquiète, car cest un effet aussi normal que la succession de la pluie au beau temps, et réciproquement.

Oyez plutôt ce quon en dit dans les gazettes qui se font fortes dausculter létat dâme des habitués du temple de Plutus :

Comme toujours, dit lun de ces augures, le fait accompli na pas produit lenlèvement des cours quon attendait parce quil sétait produit avant. H ny a rien qui doive sur­prendre. Tant que lopération du grand em­prunt chinois est restée dans la catégorie des faits escomptables, elle a été un pré­texte à la hausse. Depuis, il a fallu se créer des disponibilités pour souscrire et le tasse­ment des cours en général est un effet très simple de cette nécessité.

Est-il utile de dire que cet emprunt chinois a été un grand succès?... Cétait certain, étant donnée la garantie pleine et entière de la Russie. Je vous épargne donc les chiffres.

Une autre affaire a été lancée, en même temps, avec un prodigieux art descamo­ter laffaire, tout en paraissant la lancer. On a eu soin dattendre que la plupart des journaux hebdomadaires soient pa­rus, puis on a fait lémission mardi, à Londres. Les Rothschild de Paris ne sont pour rien dans laffaire ; mais ils trans­mettent, en honnêtes courtiers, à leurs cousins de Londres, les souscriptions quon veut bien lenr faire parvenir.

Voici le boniment fait par un confrère éclairé :

MM. de Rothschild émettent actuellement à Londres un nouvel emprunt brésilien 5 % au prix de 88 %. Cet emprunt devra pro­duire une somme de 180 millions de francs. Le montant total à émettre sera donc den­viron 175 millions de francs. Il servira à re­tirer de la circulation pour 50 millions en­viron de bons de Trésor récemment négo­ciés par MM. de Rothschild, et pour le sur­plus à consolider la situation du Trésor bré­silien que les événements politiques des dernières années avaient mis dans un état précaire. Les Débats disent à ce sujet :

« Avec cet emprunt, la dette extérieure du Brésil sera portée à près dun milliard de francs, sans compter la dette intérieure et la circulation fiduciaire; mais le pays est assez riche pour quon puisse considérer cette dette comme modérée. Il faudrait peu dannées de tranquillité pour remettre le Brésil dans une situation des plus floris­santes. »

Parfaitement. Surtout si quelques em­prunts du genre de celui-ci expédiaient -bas de lor dEurope, qui mettrait pas mal de beurre dans les épinards !...

François Conscience.

SOCIÉTÉ CIVILE

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