LE GRELOT

t Paris est sur le point de manquer dasti­cots ! Les pécheurs à la ligne menacent de faire une manifestation !

& En effet, la préfecture de police ne tolère plus, pendant les chaleurs, les dépôts de ces animaux, aussi grouillants que puants, chez les marchands du centre de Paris ; or, pour se procurer cet appât, les pêcheurs sont obli­gés de sapprovisionner en banlieue. »

Paris manquer de du vivant de Fran­çois Goppée 1 et de la pléiade qui grouille autour des éditeurs quœrèns quern devoret

par Apollon ! et que diraient les étrangers accourus à notre future Exposition, malgré les criailleries jalouses et stupides de la province?

Allons, mon vieux Déroulède de la Boue- lange , haut la lyre !

Poète, prends ton luth, et me donne un « lom-

| bric » !

Et Paul, compatissant, va nous donner Messire Duguesclin, à la Porte-Saint-Martin :

Pêcheur, parle bas.

Le roi des vers» ne té-é-chappera pas ! (bis).

oc

« M. Georges Michel, dans le Journal des Débats, demande lemménagement de tous les ministères aux Invalides. »

Une fois nest pas coutume : nous abon­dons énergiquement dans le s ens de la feuille qui se maquille en rose afin de mieux plaire aux ministres, que Yamer Mi­chel vn-udrait loger si judicieusement sous le dôme

tous les vieux débris se consolent entre eux.

« Les courses de Dax avec mort de tau­reaux ont eu lieu devant une affluence con­sidérable.

« Le maire, M. Denis, député, y assistait.

« Six taureaux ont été tués par la cuadrilla des Sévillans, sous la direction de Minuto, dans les règles voulues.

« Au sixième taureau, le commissaire spé­cial de Mont-de-Marsan est descendu dans les arènes pour verbaliser et expulser les toréadors; il se trouvait entre les amphi­théâtres et la taranquelle, quand le taureau sautant par-dessus la taranquelle, la pris avec ses cornes et la jeté dans les arènes, aux applaudissements de la foule.

« Le commissaire est blessé assez sérieu­sement à la cuisse et à la tète. »

Et sil ne sétait promptement soustrait par la fuite au sort qui l'attendait, le mata­dor Minuto lachevait dune maîtresse « es­tocade ».

Mais ce nest que partie remise; et le Midi qui commence à se blaser sur les courses de taureaux à vingt sous damende par con­travention réclame énergiquement, de Nîmes à Bordeaux, des « corridas de com­missaires de police de muerte ».

C'est même en prévision de cette héca­tombe prochaine de fonctionnaires « bande- rillerossés » dans les arènes méridionales, que M. Lépine vient douvrir plus large­ment la carrière ganaderia, en espagnol

à tous les agents de son Administration susceptibles dêtre écharpés.

Guillery.

Bourdes et Mensonges

Pleurez, nos yeux, pleurez!... Décidé­ment Déroulède renonce à la vie politi­que. La tribune ne verra plus les miiifi- ques et immenses redingotes, dans les­quelles il se drapait pour rugir des dis­cours sonores comme des coups de clai­ron et creux comme des tambours. Il va se consacrer, désormais, uniquement à la poésie. Le malheureux va se jeteràrediu- dingote'perdue dans la tragédie en cinq actes en vers, dont il a déjà promis une demi-douzaine à Duquesnel.

Ce pauvre Déroulède, en effet, entre autres toquades, a celle de se croire poète, sous le fallacieux prétexte que jadis, quand il labourait les Chants du Soldat , il pondit des vers de ce genre, dont un nombre respectable, par une piquante iro­nie du sort, riment avec mirliton :

Baisser le front, cest à merveille, Mais le relever, pourra-t-on? !...

Sonne, sonne, quà la fanfare La grande France qui ségare

Reprenne enfin son ancien ton. Ouvrons le cœur, tendons loreille Et que la langue de Corneille Nous souffle lâme de Caton 1

Une langue qui souille une âme dans une oreille, cest coquet. Mais bah!... dit Déroulède, en contemplant le lamentable sort de ceux qui furent des amis de la Boulange, cela vaut encore mieux que de faire de la politique !...

*

* *

Allons bon!... voilà les bêtises qui re­commencent!. ..

La lettre explosive envoyée à M. Al­phonse de Rothschild et qui blessa M. Jod- kowitz, simple employé, rentre dans la catégorie de cette propagande par le fait, qui va généralement droit à lencontre du but quelle vise.

Il sagit probablement dun aimable bi­pède qui, sétant vu refuser un secours par M. de Roth=child, sera, du coup, de­venu anarchiste.

La chose est remarquable, du reste, mais générale ; les gens qui nont pas une pièce de cent sous dans leur poche sont assez volontiers anarchistes, mais ils ces­sent de lêtre avec une parfaite instanta­néité au moment même ils apprennent quils viennent hériter dune somme ron­delette ou de gagner à la loterie une cen­taine de mille francs !...

Le correspondant du Times à Madagas­car envoie à ce journal, de Tananarive, des contes bleus :

Notes discordantes

« Un élève dun établissement scolaire de Cahors, M. E. Weiser, se rendant avec sa mère à Singling, canton de Rohrbach (Alsace- Lorraine), a été arrêté à la frontière par le commissaire allemand de la douane parce quil portait le costume « séditieux » de col­légien.

« On lui a intimé lordre de revêtir un costume moins galonné. »

Tas de froussards! Malgré toutes leurs as­sourdissantes et insupportables rodomon­tades écœurant lEurope entière sous prétexte de célébrer lanniversaire du guet- apens bismarkien, perpétré par la falsifica­tion de la dépêche dEms, ils ont une peur tellement bleue (de Prusse) de Tuniforme français, quils ne peuvent supporter la vue de celui dun de nos collégiens !

Décidément, nous avons eu tort de suppri­mer nos « bataillons scolaires » ; car, au jour de la revanche, ils eussent évidemment suffi à reconduire au-delà du Rhin ces matamores enfiellés et nauséeux, à grands coups de crosse dans le... prussien.

-<(o)>-

« Une dépêche de Saint-Pétersbourg nous apprend que les Allemands nombreux dans le vaste empire des tsars, eurent lidée de fêter eux aussi les grandes dates de la guerre franco-allemande et surtout la capitulation de Sedan. Ils demandèrent lautorisation né­cessaire aux gouverneurs locaux, qui saisi­rent le gouvernement central Celui-ci répon­dit par un refus catégorique, estimant que, si pareille licence était accordée, les Fran­çais habitant la Russie pourraient tout aussi bien fêter lanniversaire d'Iéna, et les Russes eux-mêmes, par amitié pour la France, sas­socier à de semblables manifestations. »

tous les hommes ayant embrassé des carriè­res libérales. »

La musique de Wagner, surtout, jouit de propriétés capillaires particulièrement re­marquables; car, en sy adonnant, « ce quon se fait des cheveux!... »

On dit pourtant que Mme Melba qui a eu lhonneur de compter une tète presque couronnée parmi ses... auditeurs préfère la musique du compositeur Widor.

Beaujolais.

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ÉCHOS

U paraît que lon va décidément rappro­cher la ltine de la terre...

On avait promis, il y a deux ou trois ans, de la mettre littéralement sous les yeux des spectateurs, cest-à-dire à un mètre de dis­tance. Il ny avait que lexpression des désirs dun idéaliste.

Aujourdhui, on assure quà lExposition universelle de Paris, on pourra voir la lune à cent kilomètres, cest-à-dire à vingt lieues. A cette distance, on distinguerait facile­ment (?) des édifices comme notre palais de justice ; en tout cas, des agglomérations, si la lune est habitée ce qui semble peu probable.

Mais on distinguerait certainement toutes les formes des montagnes, on percevrait les forêts et les mers, les grandes rivières,etc.

Malheureusement, si la lune nest pas habitée, il ny a probablement ni forêts, ni mers, ni rivières. Car partout il y a de lair, il y a des êtres vivants.

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Petit tableau, relevé dans l'histoire du vieux Paris et qui prouve que la peine capi­tale dautrefois était autrement terrible quau- jourdhui et que MM. les bourreaux, aides et tortionnaires ne travaillaient pas unique­ment pour la gloire.

Livres

Les représentants de la presse anglaise, dit-il, sont minutieusement surveillés. Non seulement la censure cherche à enlever toute valeur à nos correspondances, mais elle pu­nirait sévèrement tout indigène qui nous fournirait des renseignements. Tout Hovas qui chercherait à porter nos lettres à la côte serait certainement mis à mort. On nous sur­veille étroitement dans la capitale. Si lun dentre nous va faire une promenade à la campagne, il est filé par des agents du gou­vernement.

Néanmoins, conclue-t-il, on arrive à faire passer des communications de Madagascar, grâce à des passages souterrains.

Arrêtons-nous ici. Aüssi bien nous sen­tons-nous incapable de rien trouver de plus brave que ce souterrain allant de Londres à Tananarive. Sacrebleu !... ce dut être un rude travail, et il fallut des malins pour quou nen ait rien su !...

Henry Vaudémont.

GRELOTS

Définition du ménage, par un gendre qui ha­bite avec sa belle-mère.

« Une damnation entre vifs. »

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Une bien jolie coquille dans un précis dhis­toire moderne :

« Le général Desaix fut emporté par un « poulet », à Marengo. »

Pourquoi donc la vérité est-elle toujours représentée dans un puits? disait Aurélien Scholl à Monselet.

C'est bien simple; la pauvre fille, elle est si souvent altérée.

A voir le peu de gens que léloquence per­suade en France, on peut dire que la puissance du raisonnement tait partie des puissances étrangères.

Il est plus malhonnête de faire le mouchoir que de détourner la conversation.

Un âne nest jamais un homme; mais un homme est quelquefois un âne.

Les journalistes se servent de leurs plumes doie pour écrire des canards.

Comment un aveugle sy prend-il pour payer un chèque, puisque celui-ci est « à vue »?

Il y a des hommes mûrs qui ne font rien, pendant que le bois vert travaille.

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M. le curé visite un pauvre cocher de fiacre très malade, demi-mourant :

Aviez-vous lhabitude daller à léglise?

Non, je ne peux pas dire ça; mais jy ai conduit beaucoup de monde!

Triboulet.

Il y a de quoi se faire naturaliser Cosaque ! quand on songe que nos ministres ont eu la l...onganimité de permettre à des bandes entières de ces Kriegerrereine en français : têtes de co...mpagnons darmes (suivant la traduction littérale illustrée par Pépin dans notre avant-dernier numéro) de venir dépo­ser leurs ordures tout le long de notre fron­tière; alors quil était si facile de leur en fer­mer laccès, en prenant à leur égard un sim­ple arrêté calqué sur celui du gouvernement de Belgrade à lencontre de leurs congénères limitrophes :

« Le ministre de lintérieur de Serbievient de décréter la défense dentrée des porcs vi­vants ou tués, par la frontière austro-hon­groise et bosniaque, comme représailles à linterdiction du gouvernement hongrois. »

Pour effacer la fâcheuse impression pro­duite par ces déconvenues sur les tenants de la « Triplice », lempereur Guillaume- Tristapatte « a décidé que les porteurs de la Croix de fer, qui rappelle la guerre de 1870-71, mettraient au-dessus de leur décoration deux « feuilles de chêne » en métal blanc avec le chiffre 2b. »

Il avait dabord été question de choisir comme ornement décoratif le « fruit » au lieu des feuilles du chêne ; mais on a y renoncer dans la crainte que les porteurs mangeassent leurs insignes et restassent « sans glands ».

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« Crispi va rentrer à Rome, pour prendre des mesures contre le brigandage et le ban­ditisme, qui sétendent comme une épidémie sur tout le pays. »

Est-ce quil songerait vraiment à se suici­der?

-<(«)>-

« Daprès le Marine Record, le yachting américain commencerait à faire usage pour ses embarcations de voilures en papier, élas­tiques, légères, imperméables, ayant toutes les qualités, y compris la durée et la résis­tance. »

Quel débouché pour les « œuvres complè­tes » des trois quarts de nos académiciens et des neuf dixièmes de nôs écrivains symbo­listes, folk-loristes, amphigouristes et au­tres puffistes dédaignés même des bou­quinistes !

Renonçant à lespoir de nous « monter un bateau », ils auront du moins la ressource de sy réfugier dans la voilure, ils se trouveront on ne peut plus idoines au mât de « perroquets ».

-<(»)>-

« Un statisticien anglais recommande la musique comme le meilleur moyen de faire pousser les cheveux. Ce savant a observé que les musiciens sont les plus chevelus J e

Pour cuire dans lhuile un malfaiteur 48

Lécarteler tout vif 30

Faire passer de vie à trépas par le glaive 20 Rouer ensuite le corps 10

Mettre sa tête au bout dune perche 10 Couper un homme en quatre . 36

Pendre un coupable 20

Ensevelir le corps 2

Empaler un homme vivant 24

Brûler vive une sorcière 28

Ecorcher un homme tout vif 28

Noyer un infanticide dans un sac 24

Jeter à la voirie un suicidé 20

Mettre à la torture 4

Application de létau 2

Application des brodequins 4

La question de la géhenne 10

Une personne au pilori 2

Fouetter l

Marquer au fer rouge 10

Couper la langue, les oreilles et le nez 10

Ce petit tabeau, quelque effroyable quil soit, nen est pas moins instructif, et cest à ce titre que nous avons cru devoir le publier.

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Il y a quelques jours, dans un de nos plus importants restaurants de province, nous avons eu le bonheur davoir pour voisins de table une société de cyclistes de tout âge, de toute corpulence, et (hélas!) dun seul sexe.

Vêtus de simples petits caleçons, et de va­reuses abondamment trempées par la noble sueur des records battus, ces messieurs fai­saient sentir toute leur supériorité aux vul­gaires piétons. Malheureusement, ce nest pas tout ce quils faisaient sentir.

Et jai émis,w petto,le vœu quaprès avoir créé les vestiaires pour bécanes, un hôtelier intelligent créât les cabinets particuliers pour cyclistes en tenue de route.

On pourrait également y admettre lesrévé- ends pères capucins.

Douville.

ARGUS DE LA PRESSE

FONDÉ EN 1879

Pour être sûr de ne pas laisser échapper un journal qui laurait nommé, il était abonné à lArgus de la Presse, « qui lit, découpe et tra­duit tous les journaux du monde, et en fournit les extraits sur n'importe quel sujet. »

Hector Malot {Zyte, p. 70 et 323.)

L'Argus de la Presse fournit aux artistes, lit­térateurs, savants, hommes politiques, tout ce qui paraît sur leur compte dans les journaux et revues du monde entier.

LArgus de la Presse est le collaborateur in­diqué de tous ceux qui préparent un ouvrage, étudient une question, soccupent de statistique, etc., etc.

Sadresser aux bureaux de l'Argus, 155, rue Montmartre, Paris. Téléphone.

LArgus lit 5.000 journaux par jour

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