.LE GRELOT
« Ils ont attendu en vain; aujourd'hui, ils demandent à être admis dans un asile de charité et ils rappellent que le chef du cabinet, M. Canovas del Castillo, est le fils d’un modeste instituteur,., du temps où on les payait. »
Il est évident que cette lamentable infortune voisine doit engager nos instituteurs méridionaux à ne pas bâtir « des châteaux en Espagne » et à bannir de leur modeste train de vie l’onéreuse compagnie des demoiselles de « sombre œil », qui jouent sous leurs fenêtres — avec une virtuosité aussi inquiétante — la Sérénade du Pavé, en dansant devant le « buffet » comme de simples Nini.
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Et ce n’est pas seulement chez nous que le jupon s’acharne après la culotte — fût- elle de peau :
i A PoseD, en Silésie, un certain nombre de jeunes filles, appartenant à d’excellentes familles, ont brusquement disparu. La police fit des battues. On voyait des embarcations explorer les rives et le fond de la Warlhe, des gendarmes battre la campagne et la police explorer les maisons suspectes,
« L’affaire était bien moins tragique. La disparition coïncidait avec un changement de garnison... »
En Allemagne ! patrie des bonnes mœurs, sanctuaire de la vertu 1 Avouez qu’il y a de quoi en demeurer renversé, le « prussien » par terre !...
Quant à l’apôtre insidieuse de la Grève des Femmes, si elle s’imagine provoquer ainsi quelque généreux don de 100,000 francs — d’un imitateur masculin de Mme Deinbourg, la bienfaitrice des verriers carmausiens — elle peut vraiment « se taper », comme on dit dans le monde de M. Faure (pas Félix, Sébastien).
Guillbrt.
Ces bons Anglais!...
Vous connaissez cette vieille formule qui a été serinée dans tous les beuglants de notre jeune temps — en parlant ainsi, je m’adresse à ceux de nos nombreux lecteurs qui sont, comme moi, sur le point de doubler le cap de la qua- rante-cinquaine — cette formule c’est :
« Je suis Français, ma payse avant tout.»
J’ose me l’appliquer; je dirai plus, je suis profondément convaincu que parmi les peuples étrangers et quelconques, il n’y en a pas un qui soit capable de le faire avec. Vivent les Français, monsieur ! et les Françaises aussi, bien entendu. Ce trop plein de mon ardent chauvinisme lâché, je ne fais aucune difficulté de reconnaître que si nous sommes incontestablement supérieurs aux autres peuples sur beaucoup de points, il en est un sur lequel nous ne sommes pas très ferrés : le chapilre de nos intérêts; là- dessus, par exemple, nous sommes d’une godi- cherie qui n’a pas de nom.
Il faut laisser à César ce qui est à César et reconnaître que les « English » sont de force â nous rendre soixante-quinze pour cent.
A force de répéter : « cette malle doit être à nous », ils ont fini par se persuader que c’était arrivé, et, ce qu’il y a de plus fort, ils sont parvenus à le faire croire aux autres. Il faut avouer que pour des gens qui passent pour être médiocrement éloquents, c’est un assez joli tour de force. La parole a été donnée à l’Anglais pour déguiser sa pensée; cette boutade de M. de Talleyrand, que je me suis permis de déranger un peu pour les besoins de ma cause, m’est revenue à l’esprit à propos du bombardement de la petite ville turque d ’Ez-Sibar, sur la côte du golfe Persique.
Une tribu arabe,forte de deux mille hommes, avait quitté l’ile de Bahreïn qu’elle habitait, et était venue s’établir dans la ville en question, qu’elle ne voulait pas quitter. Je ne vois pas trop en quoi cela regardait les Anglais ; mais ce qu’il y a de certain, c’est que deux de leurs navires bombardèrent la pauvre cité, quatre jours et quatre nuits durant, et qu’ils ne s’arrêtèrent que lorsqu’elle fut en cendres et que la tribu fut réduite de moitié. Voilà un bel esprit ! Il est vrai que pour des gens qui ont mitraillé Copenhague en pleine paix et volé honteusement Gibraltar à l’Espagne, cela peut passer pour une peccadille. Si nous autres Français nous nous étions rendus coupables d’une pareille infamie, tout le monde aboierait après nous, mais John Bull n’a qu’à montrer son râtelier, cela suffit,
Les bons apôtres — qui font des tirades humanitaires sur la traite des nègres et qui empoisonnent 400 millions de Chinois avec leur opium; qui prodiguent leurs bons conseils au Sultan, et qui s’arrangent sournoisement de façon à ce que les Arméniens et les Turcs se massacfent entre eux; qui éventrent les navires en pleine mer, et qui se sauvent bravement pour ne pas entendre les cris de détresse des malheureux qui vont mourir. Ohl certes, qu'ils sont plus forts que nous. Si loyauté est devenu synonyme de bêtise, mettons que nous sommes bêtes, cela vaut encore mieux que d’être habiles comme Us l’entendent; on nous craindra moins, mais on nous estimera plus.
Oh! pioudique Albion, tu seras toujours le pays charmant où un de nos spirituels ancêtres déclarait n’avoir vu, « de mûr que les pommes cuites, et de poli que l’acier. »
P. DàRIN.
" En cinq sec
« Guillaume II se préoccupe déjà des cadeaux qu’il déposera, la veilte de Noël, dans les souliers de ses eiifanls.
« Ces jours derniers, ou pouvait voir l’empereur et l’impératrice d’Allemagne, accompagnés d’une dame d’honneur, pénétrer dans les principaux magasins de jouets berlinois. »
Mais nous doutons fort qu’il ait pu y trouver — pour ses fils — des « pantins » aussi réussis que son larbin macaronique, il signor Pulcinella- Crispi, ni — pour ses filles — des « poupées» plus divertissantes que la divette décatie Judic et les cabotines qui l’accompagnent dans sa tournée au pays des pillards, pour leur offrir les restes de charmes qui tombent et d’une beauté qui s’éteint.
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« Pendant un dîner de chasse, la musique des ublans de Brandebourg joua différents morceaux, entre autres Funiculi Funicula.
« L’empereur, trouvant le mouvement trop lent, en fit l’observation au chef d’orchestre, disant que le morceau devait être « enlevé » à la manière italienne. Puis, prenant lui-même le bâton, il fit répéter le morceau sous sa direction. »
Tous les talents innés et toutes les sciences infuses! Les Allemands n’ont vraiment pas de chance qu’un gaillard doué de tant d’aptitudes variées ait été placé, par le hasard de la naissance, dans le seul poste où il n’a guère commis — jusqu’à présent — que des « gaffes » retentissantes.
Autre chose est, évidemment, d’« enlever un morceau à l’italienne » — à la tète d’un orchestre quelconque— et « de jouer convenablement sa partie » dans le concert européen, dont la cacophonie actuelle mérite aux virtuoses impériaux et royaux les sifflets internationaux unanimes.
Aussi, me méfierais-je — à la place du Sir Teuton — des importants et anormaux achats de pommes , que ses sujets viennent de faire chez nous; car il pourrait bien les recevoir... une fois cuites.
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« L’empereur d’Allemagne donnait der- nièrrement une grande chasse à courre. Il comptait parmi ses invités le grand-duc Wladimir de Russie et un certain nombre de hauts dignitaires de l’empire. Guillaume II fit, à cette occasion, une mystification assez forte à ses invités : au moment où ceux-ci arrivaient au rendez-vous fixé pour le déjeuner, un gendarme se présenta et demanda à voir les permis de chasse ! Naturellement, la plupart des hôtes de l’empereur avaient oublié d’emporter ce document, le gendarme impassible et correct se mit en devoir de prendre les noms des contrevenants, pour la plus grande joie de la foule présente. »
Heureusement que les peuples n’ont pas besoin de « permis » pour se livrer, en dépit des gens d’armes — à travers l’histoire de tous les temps et de tous les pays — à la chasse aux « animaux nuisibles » porte-sceptres et porte-couronnes, dont les révolutions et la liberté sonnent l’hallali.
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« L’empereur d’Allemagne doit assister à l’inauguration du monument élevé sur le Kyffhæuser, la célèbre montagne, entre Nord- bausen et Sangerhausen, où, d’après la légende populaire, l’empereur Frédéric Barbe- rousse, enfermé avec toute sa cour, attend la résurrection de l’empire allemand.
« Au commencement de ce siècle, la barbe impériale faisait déjà trois fois le tour de la table de pierre sur laquelle Barberousse était accoudé,
« G’est ce que rapporta un paysan qui n’avait pas craint d’aller explorer le mystère de Ja caverne de Kiffljpuser. »
Si la barbe de Frédéric Barberousse fait trois fois le tour de sa table, il n’est que temps, en effet, que son impérial successeur aille un peu le « raser ».
Il repasse justement, en ce moment même — pour l’ouverture de son Reiscbtag — le fil d’un de ses discours du Trône où il excelle à « avoir le poil » de quiconque tombe sous sa « coupe ».
« De Berlin, on assure que le roi d’Italie a accepté l’invitation de Guillaume II devenir à Berlin au printemps prochain pour visiter l’Exposition nationale.
« Le roi Humbert serait accompagné la reine Marguerite et de grandes fêtes seraient données à Berlin et à Postdam à cette occasion. »
Le patron de Crispi, déjà battu — par les Abyssins — et content de chercher noise au Grand Turc— à la remorque de FAnglete - re — va se voir conférer par son allié, le jeune et entreprenant Guillaume, la troisiêmo béatitude maritale.
N’ayant pu dépouiller Ménélick-Agamem- non de son titre de « roi des rois » il a, du moins, des chances de conquérir ainsi celui de Ménélas.
Beaujolais.
THÉÂTRES
Comédie-Française. — C’était fête, cette semaine, à la Comédie-Française : on y donnait la première d’une œuvre nouvelle de l’un des auteurs favoris de la Maison : Le Fils de l’Arétin, drame en quatre actes, en vers, de M. Henri de Bornier, un régal d’autant plus recherché par les lettrés qu’il ne leur est offert qu’à de longs, trop longs intervalles.
On sait, en effet, quel soin méticuleux apporte M. de Bornier dans l’élaboration de ses poésies. Nul n’a plus que lui le souci « du mieux », et nul ne met en pratique comme lui les sages conseils de Boileau, « mettant et remettant, plus de vingt fois « peut-être, sur le métier, son ouvrage, le « polissant sans cesse et le repolissant » avant de le produire à la scène.
Le Fils de l'Arétin témoigne, une fois de plus, de ce grand souci artistique. Les vers en sont admirables, ciselés de main de maître; le drame se déroule en scènes magistrales, pour aboutir au dénouement superbement amené, dont l’intensité dramatique aurait à elle seule décidé du succès, si le succès avait pu être douteux.
L’œuvre nouvelle de M. Henri de Bornier est moins une épopée, telle qu’il était accoutumé à nous en faire applaudir, qu’une étude psychologique sur l’atavisme.
L’Arétin,le célèbre pamphlétaire,devant lequel tout le monde tremble, le cynique corrompu a eu unfils d’une courtisane,dont il ne s’est pas plus occupé que le mari. L’enfant a été recueilli par une grande et noble dame vénitienne, Angella, dont l’Arétin, ignorant ce détail, est éperdûment amoureux. Angella se rend chez l’Arétin ; mais au lieu de lui apporter les baisers qu’il attend, c’est son fils qu’elle lui amène. L’Arétin refusé de s’en charger et l’enfant reste confié à la noble femme qui l’élèvera dans les principes d’honneur et de droiture que sape le pamphlétaire dans tous ses écrits.
Au second acte, l’enfant est devenu grand, L’Arétin, devenu vieux, s’est converti. Il cherche à détruire toutes les œuvres immorales et malsaines qu’il a produites, aidé dans sa tâche par un de ses dévoués serviteurs, ou du moins qu’il croit tel. Mais ce serviteur veut, au contraire, se venger de l’Arétin et, pour atteindre son but, s’efforce de pervertir le fils de l’Arétin en lui confiant les manuscrits de son père, qu’il a eu ordre de détruire.
A cette lecture, le fils de l’Arétin sent bouillonner en lui les ferments vicieux qu’il a reçus de son père. Fils d’un corrompu et d’une courtisane, il ne peut être qu’un infâme et, de fait, se lance dans la débauche, tente de violenter sa bienfaitrice et devenu, malgré tout, un grand capitaine, va jusqu’à vouloir livrer Venise à l’ennemi dont il a été vainqueur. L’Arétin empêche son fils de mettre son abominable projet à exécution, en le poignardant.
Tel est ce beau drame, superbement écrit, qui a valu à son auteur les applaudissements les plus mérités.
Il est admirablement joué, à la Comédie- Française, par MM. Mounet-Sully, Le Bargy, Leloir, Paul Mounet, et par Mmes Reichem- berg, Dudlay et Pierson.
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Palais-Royal. — Le Remplaçant, comédie en trois actes, de MM. Busnacli et Georges Duval, s’annonce comme un très grand et très légitime succès.
Le sujet développé par les auteurs avec
un très réel talent peut se narrer en deux mots. Une jeune femme, en possession d’un mari bonasse, quoique conseiller municipal radical à tous crins, cherche, pour se distraire, moins un amant qu’un mâle, c’est-à- dire un homme fort.
Elle le rencontre dans la personne du beau Chantelaur qui, dans le tête à tète préliminaire, la saisit d’admiration en enlevant des tables à bras tendus. Surprise par le mari, elle subit la scène orageuse de circonstance, au cours de laquelle l’époux, lui aussi, jongle avec une énorme malle.
Mais alors! son mari est donc un mâle? Pourquoi changer? Et elle garde son epoux qui pardonne l’équipée.
Ce qu’il est plus difficile de raconter, c’est l’accumulation de cocasseries, de mots drôles, de situations comiques qui foisonnent dans cette jolie comédie. Mieux vaut aller les entendre et les applaudir, et c’est le sage conseil que nous vous donnons, amis lecteurs.
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Un certain nombre de théâtres se préparent à renouveler leurs affiches.
On annonce à l’Odéon la première de la Blague, comédie en trois actes, en prose de M. Pierre Valdagne; et celle de Jour de Divorce, comédie en un acte de MM. Gréret,Da- moust et Gaston Pollonais.
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Aux Bouffes, la Belle Epicière a déjà cédé sa boutique, mais non sa clientèle.
On a repris à ce théâtre l'Enlèvement de la Toledad, en attendant la mise au point de l'Amour fantôme, dont le principal rôle est naturellement réservé à Mme Simon Girard.
Au Gymnase, les Demi- Vierges ne doivent plus avoir qu’un nombre très restreint de représentations.
Avis aux retardataires.
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Terminons enfin, en donnant les dates fixées par la Direction de l’Opéra pour ses grandes fêtes du Carnaval 1896.
Les quatre bals réglementaires seront donnés aux dates suivantes : le premier, le 11 janvier; le second, le 1 er février; le troisième, 15 février; et le quatrième,le 12mars.
Qu’on se le dise !
Jules de la Verdrie.
BONNE NOUVELLE
Le bal de la Société philanthropique sa- voisienne aura lieu le 14 décembre, dans les salons du Grand-Hôtel ; il sera le cinquantième bal annuel de la Société. A cette occasion, de grands préparatifs ont été faits par les organisateurs pour qu’il soit plus brillant encore que les précédents cependant si renommés.
Le prix de la carte reste fixé à 10 fr. pour un cavalier et sa dame.
S’adresser à MM. Agnellet frères, 73, rue de Richelieu, et au Grand-Hôtel.
JOLI TRAVAIL SOI
Dames, Demoiselles et Messieurs peuvent agréablement utiliser leur temps par un travail artistique, facile à établir, d’un rapport de 4 à 5 fr. par jour selon adresse et production. Ecrire à M. Bapaume, 110, boulevard de Clichy, Paris. Timbre pour réponse.
EAU du Docteur FAUST
Teinture instantanée, inoffensive, p r CHEVEUX et BARBE, ne tachant pas la peau et sans substances nuisibles. — Prix : 8 francs.
J. PACELLI, chimiste, 16, rue des Martyrs, Paris Dépôt gén.: Pharm. Chevrier, 21, fg Montmartre.
MAGIC-MASTICKK
Calmant Infaillible . p° c. mandat 2 fr. àH. GEORGE, 21, Rue Roohechouart,Paris
DENTS
AVANCE ^ARGENT
et achat de tonte marchandise, mobilier, tolle> bijoux, bronae, tableau, RECONNAISSANCE, eto. darde meuble, CrééUt Cmfml. MM. rw Wmerb»
L’ABSINTHE TERMINUS est bienfaisante
Demandez-la, il s’agit de votre santé
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