LE GRELOT
Ce qui était d’un effet très décoratif, mais insuffisant pour la faire décorer.
Prompte à se venger de sa déconvenue et de l’ingratitude gouvernementale, l’échappée du Bazar de la Charité — née Morte- mart...mite de la Boulange —
Ayant allumé sa cigarette à la fin du banquet, continua à fumer au moment où le Président passa devant elle pour sortir de la salle.
Fi 1 que c’est vilain, madame, de fumer comme ça devant les hommes !
Le Président dut pourtant se contenter de ce délicat hommage de la pseudo-reine du Boulanjésuitisme, enchaînée à sa suite comme Zénobie, reine de Palmyre, vaincue et réduite en captivité par l’empereur romain Aurélien, qui en orna son char de triomphe.
Ah 1 oui, qu’elle fumait , la duchesse 1 je vous en f...lanque mon billet.
— «3»—
Mais on ne peut tout avoir :
Mistral : a fait annoncer que, retenu par la goutte, il ne pourrait pas assister aux fêtes féli- bréennes.
On conçoit, d’ailleurs, que « l’Empereur du Midi » ne pouvait se déranger pour faire cortège à un simple Président de la République.
Ses fidèles sujets, du clan socialiste d’Orange, ont, du reste, suppléé de leur mieux à son absence, au début de la consécration du théâtre antique restauré.
A l’arrivée de M. le président de la République dans la loge présidentielle, perdue un peu à droite dans les gradins, on entend des cris de bêtes fauves, des sifflets, des querelles.
— Enlevez-le ! crie-t-on de l’hémicycle.
— Tordez-lui le cou !
— Écorchez cette crapule !
Décidément, le Midi bouge..., si la police ne bouge pas ; et M. Félix Faure dut prendre un médiocre plaisir à entendre cette « chanson des cigales » non prévue au programme par le protocole.
Mais ni les cris, ni les menaces, ni la Marseillaise, ni même YHymne russe ne peuvent calmer les manifestants.
— Vive Jaurès ! crie l’un.
— Assez I assez !
— Vive Mistral 1 répond-on.
Il est douteux qu’on reprenne le Président à une seconde représentation des Erynnies — les Furies provençales — ainsi traduites de Leconte de l’Islepar les félibres d’Orange.
Ét nous comprenons parfaitement,qu’après son retour par le Dauphiné, M. Félix Faure ait déclaré — en résumant ses impressions de voyage — qu’il préférait encore... la conduite de Grenoble.
U. Maurice Tic.
GRIVOISERIES
LES CORNES DU DIABLE
Pourquoi le diable a-t-il des cornes sur la tête? Demande Marguerite à la blonde Antoinette; Et la blonde répond d’un esprit délié :
Ma foi, c'est étonnant. ..., il n’est pas marié!
AU PETIT MARI
Deux enfants — garçon et fillette —
Se battent sur le pré fleuri.
— Quel est ce jeu, dit Olivète ?
— Nous jouons au petit mari !
Évariste Carrance.
-♦-
ANECDOTES ET BONS MOTS
Consultation.
Un pauvre diable se plaint de vives douleurs internes, résultant d’une chute qu’il vient de faire.
— Est-ce près de la colonne vertébrale que vous vous êtes blessé ?
— Non, docteur, c’est près de la colonne Vendôme.
—:o:o:—
Le marquis de la Fricotière, donnant un grand dîner, fait des recommandations à son neveu :
— Tu sais, à table, je te place à côté de la
jeune Euphémie. Tâche surtout de ne
pas lui faire du pied 1
— Bah ! c’est donc une bégueule?
— Mais non... Elle a une jambe de bois !
—:o:o:—
Grétinus, qui est allé passer quelques jours au Havre, en profite pour visiter un paquebot de la force de mille chevaux.
Après avoir tout examiné avec curiosité, il dit en sortant :
— C’est évidemment fort beau, mais nous n’avons pas visité les écuries.
— Les écuries ! mais il n’y en a pas I
— Comment ! il n’y en a pas. Mais alors, où logez-vous les mille chevaux dont vous me parliez tout à l’heure ?
—:o:o:—
Entre vieux amis de rencontre :
— Et ce cher Bouchardin, qu’est-il devenu?
— Conservateur.
— Mais ce n’est pas une profession, cela, c’est tout au plus un principe.
— Pour lui, c’est le principe d’une profession : il est conservateur des hypothèques.
—:o:o:—
Au club :
— Et ton oncle...,comment va-t-il?
— Ah ! mon cher ! ne m’en parle pas. Il se porte comme un chêne !
— Quel âge a-t-il?
*— Quatre-vingt-seize ans...
— Quel viveur l
Aqukl.
SI ÇA NE FAIT PAS SUER!...
M. Hamard, sous-chef de la Sûreté, vient de faire une perquisition chez les marchands de photographies du Palais-Royal et a saisi tous les portraits de l’ancienne princesse de Chi- may.
On dit que cette décision judiciaire aurait été prise à la suite d’une demande discrètement formulée par la voie diplomatique, demande à laquelle le souverain d’un petit pays voisin n’aurait pas été étranger.
Pourvu que ce vent de pudeur — qui souffle de Belgique, où il s’appelle 7an...âen- peeréboom — après avoir dispersé les images de la Rigote, n’aille pas renverser de son socle la statue de Falguière représentant Cléopold la fugitive en « Geneviève de Brabant », victime du traître Golo, et vêtue de ses seuls bandeaux capillaires.
Quoi qu’il en soit, l’ostracisme dont est frappée la daguerréotypie de l’ex-princesse va certainement provoquer une hausse sur ses clichés; et de plus en plus nombreux seront les amateurs — non tziganes — qui, à défaut de l’originale, voudront posséder au moins sa copie proscrite et réduite à se réfugier dans les jeux de « cartes transparentes » dont Bruxelles tient évidemment à conserver le monopole exclusif.
-o-o-
Le tribunal correctionnel de la Seine, saisi d’une plainte en diffamation à la requête de l'ambassade ottomane contre le journal le Mechveret, pour délit d'offenses contre le sultan à propos des massacres d’Arménie, vient de rendre un jugement qui n’a condamné les délinquants qu’à seize francs d’amende, avec application de la loi Bérenger.
Voilà qui nous réconcilie un peu avec dame Thémis et avec M. le sénateur Bérenger, dont la collaboration renvoie indemnes, en réalité, nos courageux confrères « Jeunes- Turcs » Ahmed-Riza et Khobil-Yanem.
Mais j’aime encore mieux la magistrature « à l’anglaise » qui n’a pas poursuivi le vieux Gladstone traitant, coram populo, Abdul- Hamid-le-f7Aowmewr d’« assassin couronné. »
Il est vrai qu’un forban d’outre-Manche accusant un bachi-bouzouk de férocité, c’est le chaudron disant à la poêle : « T’as le prussien noir f »
Que ces bandits se gourment ou s’embrassent,
| qu’importe!
Les journaux annoncent que M. Labouchère proposera à la Chambre des communes de rayer M. Cecil Rhodes de la liste des conseillers privés de la reine.
Oui, mais la reine ne voudra jamais se priver de ce conseiller.
Donc, comptez là-dessus et buvez. du
punch , naïf et loyal Labouchère — le seul et
unique Anglais qui soit digne.de ne pas
l’être.
Combien est plus britannique pur-sang ce ministre de la Joyeuse Commère de Windsor, s’écriant récemment dans un discours — après boire — :
Si je puis vivre pour voir Terre-Neuve débarrassée des Français, j’estimerai que je n’aurai pas vécu en vain.
Hé bien ! mon vieux pirate, nous sommes plus ambitieux que toi; car nous ne mourrons content qu’après avoir vu les Anglais débarrasser — non seulement Terre-Neuve — mais encore toutes les anciennes terres de la mappemonde qu’ils rançonnent et les mers des deux hémisphères qu’ils écument.
Guillbrï.
— Prière au patriote Romanais — dont je n'ai reçu que le dernier « Écho » — de me faire connaître lisiblement son nom et son adresse ?
CONDUITE DE GRENOBLE
Mon confrère et ami U. Maurice Tic, en véritable pince-sans-rire, vient de terminer sa Chronique buissonnière par l’expression des préférences présidentielles pour la « conduite de Grenoble * en regard des incongruités méridionales, qui se donnèrent libre carrière au théâtre romain d’Orage.
Cette assertion de mon inséparable collabo n’est qu’une ironie finale, décochée par sa plume du Parthe, aux Dauphinois visités par S. M. Félix I er ; car ce dernier en emporte un souvenir impérissable et qui détient le record de la cocasserie provinciale, parmi les multiples incidents de son voyage dans le Sud-Est.
Le banquet offert à M. Faure par le chef- lieu de l’Isère fut organisé dans la salle de la bibliothèque municipale, qui est en même temps une sorte de musée réunissant — en outre des livres rares, des manuscrits inestimables — une précieuse collection d’objets d’art, de pièces d’orfèvrerie ancienne, de monnaies et médailles d’une grande valeur.
Les membres les plus défiants de la commission du banquet proposèrent carrément de mettre ces trésors artistiques et numis- matiques en lieu sûr, afin de les soustraire aux convoitises possibles des hôtes attendus.
Dame ! le Président et sa suite constituent aux yeux de ces braves gens, une association de gaillards, que les organes les plus avancés de la presse parisienne — lesquels doivent les connaître puisqu’ils les voient journellement à l’œuvre — ne cessent de traiter de voleurs, filous, cambrioleurs, grinches et escarpes gouvernementaux.
—<(«)>—
Hantés par le souvenir de leur compatriote Mandrin, ces excellents Grenoblois opinaient donc pour ne rien laisser traîner à portée des barboteurs officiels, qui allaient s’abattre sur les richesses municipales de la cité confiée à leur vigilante administration.
Quelques voix timides, mais autorisées, firent observer cependant que la dissimulation de ces bijoux et ornements communaux risquait de donner aux Parisiens une piètre idée de la fortune des enfants du Drac et de leur capitale.
Cette question d’amour-propre local et de gloriole du clocher l’emporta finalement sur les conseils de la prudence ; et il fut décidé que les splendeurs de la salle de la bibliothèque ne seraient pas déménagées à l’occasion du banquet officiel, dont elles rehausseraient l’éclat.
Mais, afin de ne négliger aucune précaution à l’égard de personnages si désavantageusement connus à Paris — et dont on ne possédait même pas les extraits de casiers judiciaires — les échevins de la patrie de Barnave et de Casimir-Perrier nommèrent une Commission de surveillance chargée d’avoir l’œil ouvert sur les faits et gestes des invités étrangers accompagnant le chef de l’État; ce qui dispensait même d’utiliser la * chaîne » de Vaucanson — une autre gloire du pays — pour attacher à la table du banquet les couverts (d’ailleurs en doublé) destinés aux convives.
-<(«)>-
Et c’est ainsi que ces derniers, intimidés, virent circuler dans la salle à manger-bibliothèque, concurremment avec les garçons de service, des messieurs très bien — correctement vêtus d’une sévère redingote, coiffés de chapeaux haute forme irréprochablement bichonnés, gantés à la perfection par les produits les plus selects de la fabrication locale — et qui exerçaient discrètement leur mission « de confiance » en entourant leurs hôtes d’une sollicitude, ne perdant pas de vue un seul instant le mouvement de leurs dix doigts.
On eut un instant d’émoi, à la dégustation du café, que certains savouraient en gardant un peu trop longtemps leur petite cuillère dans la main gauche ; mais, hypnotisés par la convergence de tant de regards scrutateurs, les suspects placés sous la surveillance de cette haute police effleurèrent à peine la pince à sucre et n’osèrent se servir des cure-dents... également en argent, aux armes de la ville.
Bref, ce contrôle tutélaire fonctionna si bien, qu’un inventaire minutieux, effectué immédiatement après le départ du Président et de son cortège, montra que si les compatriotes de Bayard n’avaient pas été précisé
ment « sans peur », les visiteurs officiels se retiraient « sans reproches».
Beaujolais.
Mipoie, il se fast pas plesrer
Pourquoi pleurais-tu donc, toi si gaie d’ordi-
] naire?
Quel caprice fâcheux, quel souci passager?.... De ses nerfs toujours la femme est tributaire, Mignonne, il ne faut pas pleurer.
*
* *
Etait-ce de dépit, ou bien de jalousie ?
Tu ne dis mot. Enfant ! tu as pu supposer Que j’aimais ce passé dont j’ai l’âme meurtrie ? Mignonne, il ne faut pas pleurer.
Mon passé est bien mort, mais je ne suis qu’un
| homme,
Et, bonnes ou mauvaises, j'aime à me rappeler Les années disparues ; c’est mon seul crime, en
j somme.
Mignonne, il ne faut pas pleurer.
Ainsi, tu es jalouse ? jalouse d’une morte !
On doit pleurer les morts, mais non les redouter. Laisse là des soucis la fâcheuse cohorte, Mignonne, il ne iaut pas pleurer.
*
* *
Mon cœur est bien à toi ; ne crains pas qu’il
j t’oublie ;
O ma chère maîtresse, qui, hors toi, puis-je
| aimer ?
Suivons en souriant le chemin de la vie, Mignonne, il ne faut pas pleurer.
★
* *
Quand je serai bien vieux, tu seras jeune encore. A ton âge, la vie ne fait que commencer; Pourquoi te chagriner? Tu es à ton aurore,
Je ne veux plus te voir pleurer.
O. Revoir.
- 4 --
CRÉDIT FONCIER
Tirage du 5 août 1897
Obligations communales 500 fr., 2 60 0/0, 1879
Le n° 158094 sera remboursé par 100.000 fr.
Le numéro 689621 par 25.000 fr.
Les numéros 91302, 105810, 136357, 362421, 371431, 437123, seront remboursables par 5.000 francs.
Obligations communales 300 fr. 3 0/0, 1880
Le n° 759299 sera remboursé par 100.000 fr.
Le n° 721731 sera remboursé par 25.000 fr.
Les numéros 289917, 521731, 763587, 786509, 792838, 946121 par 5.000 fr.
Obligations communales 400 fr. 3 0/0 1891
Le u° 444743 sera remboursé par 100.000 fr.
Le numéro 875830 par 10 000 fr.
Le numéro 302270 par 5.000 fr.
La liste complète des numéros sortis sera insérée dans le Bulletin officiel des Tirages du Crédit Foncier des 6 et 16 mars. (Abonnement Janvier-Avril-Juillet ou Octobre, 1 fr. par an, Paris et Départ. — 2 fr. étranger.)
- 4 -
L’ALBUMINURIE
se guérit sûrement et promptement, par la Ducasbline (extrait concentré des plantes du Brésil) une des plus merveilleuses découvertes de ce siècle.
Rappelons en quelques mots ses principaux symptômes : faiblesse générale, troubles de la digestion, rareté des urines, qui sont mousseuses, douleurs dans la région des reins, enflure des chevilles et des jambes le soir, bouffissure de la face le matin, troubles de la vue, palpitations, difficultés de la respiration, et finalement tendance aux congestions (cérébrales ou pulmonaires).
Qu’a-t-on fait jusqu’à présent pour guérir ces malades? On les a bourrés de médicaments chimiques qui abîment l’estomac, au grand détriment de leur appétit, de leurs forces et de leur état général.
La Ducasbline, médicament végétal, absolument inoffensif est cependant d’une efficacité telle qu’au bout de quelques jours on sent déjà une amélioration sensible et la guérison radicale est obtenue au bout de quelques semaines.
La maladie guérie ne revient plus et les forces se maintiennent par l’usage de la Ducasbline.
Des centaines d’attestations prouvent la supériorité et l’infaillibilité de cette méthode appliquée exclusivement et avec le plus grand succès à l’Institut Médical Rationnel, 19, rue de Glichy, à Paris, qui guérit avec le même succès, par la série des Ducasbline, la goutte, le rhumatisme, la dyspepsie, les bronchites et tuberculoses, le diabète, etc.
Consultations de 3 à 5 heures et par correspondances. 5 fr. — Visites à domicile.
Brochure avec traitement contre bon-poste de I fr.
D r André de Marcilhac.
Prix d’un flacon de Ducasbline n° 1 spécial pour l’albuminerie : 3 fr. 75.
J. Bouillot et Cie, 19, rue de Glichy, Paris, et toutes pharmacies.
