Numéro
HEBDOMADAIRE D'INFORMATION ET DE CRITIQUE
TROISIÈME ■ SAISON ■ 1924 - 1925
■ BUREAUX ! ■
B D LÉOPOLD II, 271, BRUXELLES
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Le Mouvement ■ moderniste à FEtranger ■
L’architecture ■ moderne allemande
Dr. Adolf Behne, qui poursuit en Allemagne une campagne continue pour l’art moderne, publiera sous peu à Vienne (Dreimasken-Verlag), un ouvrage illustré, « Modernen Zweckbau ». Nous en extrayons le passage suivant qui délimite les tendances de la génération actuelle.
La jeune génération des architectes allemands se base sur un positivisme absolu. Mies von der Rohe déclare : « Toute spéculation esthétique, toute doctrine et tout formalisme est évité par nous. La forme se dégage des données du problème avec les moyens de notre époque. Tel est notre travail. » — Ainsi le pressentait déjà Otto Wagner.
Eviter les spéculations esthétiques, le formalisme et les doctrines, est nécessaire et sain. Mais il est une erreur, souvent commise, qui consiste à considérer cet éloignement comme une négation antiesthétique, même lorsque cent fois par jour nous prenons position contre l’esthétique des esthètes. Nier les tendances esthétiques — autre chose encore que spéculations esthétiques — signifie scier la branche sur laquelle nous nous trouvons. Aussi longtemps qu’il n’est question que de l’individuel, le but à atteindre peut suffire pour susciter une conception saine. Mais si nous envisageons un art monumental, un « monumental multiforme » (informe), c’est-à- dire, un tout architectonique, alors le jeu des relations de volumes ne suffit plus. La tendance vers une unité est une question d’esthétique élémentaire, est une tendance artistique, et prétendre que toute œuvre rigoureusement positive, neutre, doit atteindre « d’elle-même » à l’unité, d’autant plus si elle est conçue isolément, serait formuler un sophisme — pour cette seule raison qu’il ne s’agit pas de traiter chaque partie en ne tenant pas compte de l’ensemble, pas plus que l’ensemble ne peut faire abstraction des alentours, paysage ou agglomération bâtie. « Maison, homme, soleil, paysage, forment le complexe des relations réciproques. De même que l’unique comme organisme, la cité se forme par ces rapports de conception, d’ambiance et de volumes, comme un organisme compliqué, enfermant un monde et diverses tendances, enfermant en soi ce tout, l’incorporant, pour annuler l’individualisme des organes séparés, en réduire les différences et les soumettre à la volonté d’une idée d’ensemble. C’est dans l’ensemble seulement que chaque organe prend sa signification réelle. Envisager ainsi de tels problèmes de construction d’un type déterminé, ce n’est pas procéder selon une mauvaise et anxieuse économie, mais par nécessité vitale. Le but et le sens d’une cité s’expriment ainsi en fonction de l’individuel dans le cadre de la cité, puisque ces deux éléments, veulent former, ensemble — une unité organique » (Richard Docker, Volkswohnung, io juil. 1923).
Alfred Gellhotn et Martin Knanthe, en collaboration avec Rudolf Belling. Dépôt-Abri .
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Le Théâtre moderne en Belgique
Au début de l’an dernier, Prampolini nous demanda d’écrire pour l’importante revue italienne : NO I, un article sur le théâtre belge d’avant-garde. Nous nous sommes récusés. La hardiesse théâtrale n’avait-elle point décidé d’éviter la Belgique? La Russie, l’Allemagne, l’Italie, la France — et que d’autres pays! — avaient vu quelques novateurs s’attacher au progrès de la scèiie. Chez nous, l’honnêteté dans l’interprétation et la présentation, ce qu’on peut appeler le moderne académique, semblait être le plus audacieux idéal. Nul autre effort sinon la recherche, sans doute honorable, d’un classicisme médiocre qui, comme toutes les tentatives de son espèce, puisse recueillir l’unanimité de l’éloge. Du juste milieu, peut-être : aucune tentative glorieuse du renouveau.
Mais la jeunesse veillait. Dans les milieux artistiques, on parlait du « Vlaamsche Volkstooneel ». Avec des moyens de fortune, tine généreuse audace. Ainsi intellectuels se sont rencontrés à ce théâtre de la rue Pletinckx : De Nieuwe mes? Notamment : Marieken tère du XV e siècle que tente de miraculer un sens moderne du rythme. Est-il confiance mieux placée qu’en un groupe audacieux et fervent qui modestement travaille?
Puis ce fut un décor cubiste au Cercle Artistique de Bruxelles, créant à une œuvre de Paul Avort une ambiance puissante... L’Antenne était fondée: Pierre Flouquet, décorateur. Costume, mobilier, décor : souci d’offrir au texte le maximum d’aide psychologique et burlesque. Quoique prise en des circonstances défavorables, la photographie que nous en donnons conserve-t-elle la saveur victorieuse de cet essai?
Enfin, nous avons donné dans notre numéro 22 quelques extraits d’un manifeste du « Théâtre du groupe libre ». Un nouveau communiqué nous permet de préciser les intentions de cette association.
ïpiegel. Les programma/? Nijmegen, mys-
Le Groupe Libre se donnera pour but de faire connaître au public des pièces inédites ou peu jouées dans les pays d’expression française, des pièces trop spéciales pour pouvoir être données en série, les meilleures pièces des jeunes auteurs belges.
Voici d'ailleurs les quelques spectacles qu'il compte présenter pendant la saison 1925-1926 ï
Salomé, d'Oscar Wilde;
De l’importance* du sérieux, d*Oscar Wilde; Anatole, de Schnitzler;
L’idiot, d'après Dostoïewsky;
Barbe-Blonde, de Bouvelet et Bradby;
Le Sphinx, de Modave (pièce belge, création.) Comme spectacle d'ouverture, le Groupe Libre présentera pour la première fois à Bruxelles, en langue française, le samedi 9 mai, à i 5 heures, au
Théâtre du Groupe LiÈle, 38, Chaussée de Louvain (place * 5 ^. >4-. | s \ '
R. U. R. \r V ?
comedie en 4 actes de Karel Tchapek (traduite du tchèque ).
Cette pièce a été jouée à Prague, à Londres, à N.~ York, à Bruxelles en langue flamande.
Le communiqué comprend aussi la phrase suivante :
« En dehors des Théâtres du Marais et du Parc, la production théâtrale artistique belge est nulle. »
Si cette opinion répare une injustice vis-à-vis du théâtre du Parc, d’autre part, elle néglige des efforts sérieux. N’en citons ici qu’un: quelques spectacles du Théâtre Flamand de la rue de Laeken.
Enfin, nous espérons que les comédiens épris de pièces nouvelles — et jeunes, ces artistes — ont un idéal que l’on peut différencier de celui des théâtres officiels. Et dans la mesure où son effort transgressera les lois de la routine pour le plus grand bien de l’ordre théâtral nouveau, toute notre sympathie ira au Groupe libre.
Décor
de Flouquet
7 Arts permet la discussion des opinions émises. Voilà pourquoi cette réponse à la critique sur Faits- Divers de L. Chenoy. Ses objections se résument : i° pas de stylisation picturale ou dramatique;
2 0 àérisme et non art.
Le premier fait est exact, mais est qualité et non défaut. Car qui fait le décor, la stylisation musculaire? Un peintre, un acteur, personnalités en dehors de Fauteur du film. Ce dernier copie les émotions d’autrui, mais ne crée pas lui-même, les créateurs étant peintres ou acteurs.
Or, si c’est au peintre que je demande d’exprimer la vie, le ciné n’a aucune utilité’: une toile est plus belle dans sa propre réalité que déformée par la lumière réfléchie et incolore du ciné. Mais si, au contraire, c’est un cinéaste, les autres artistes n’ont pas de place dans le film. Le peintre paysagiste ne copie
