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En effet, figurons-nous un Lion de quatre à cinq pieds de haut, tels que sont les plus gros, avec sa longue crinière qui garnit la moitié de son corps, et qu’il dresse et remue en tout sens, ainsi que sa queue, grosse et vigoureuse, qui lui suffit pour renverser un homme. A ces signes extérieurs, qui sont en mouvement dans ses moinens de colère, joignons la mobilité de la peau de sa face, et nous aurons une idée de l’effroi que le Lion doit inspirer aux vogayeurs égarés dans les déserts.
Cependant ces animaux si forts, si féroces, craignent l’homme aussitôt qu’ils connaissent sa puissance; car ceux que la faim attire près des villages de l’Inde et de la Barbarie, se contentent de faire la chasse au menu bétail, comme les Loups de nos climats, et fuient à la vue d’un enfant armé d’un bâton. Les Lions qui habitent des montagnes couvertes de neige, sont aussi bien moins féroces et moins grands; ce sont ceux-là qu’on peut, à force de soins, apprivoiser; j’en ai vu plusieurs que l’on montrait par curiosité et que leurs maîtres étaient parvenus à rendre doux comme des moutons.
Le Lion, dans la captivité, s’attache souvent à un autre animal faible et timide. Celui qui mourut, il y a quelques année», dans la ménagerie du Muséum d’histoire naturelle, avait été élevé, dès sa tendre jeunesse, avec un chien bracque qu’une maladie lui enleva, et peu s’en fallut que la douleur n’abrégeât les jours du Lion. Ce chien était devenu son compagnon d’esclavage, son ami ; le
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