4 1

«sa

En effet, figurons-nous un Lion de quatre à cinq pieds de haut, tels que sont les plus gros, avec sa longue crinière qui garnit la moitié de son corps, et quil dresse et remue en tout sens, ainsi que sa queue, grosse et vigoureuse, qui lui suffit pour renverser un homme. A ces signes extérieurs, qui sont en mouvement dans ses moinens de colère, joignons la mobilité de la peau de sa face, et nous aurons une idée de leffroi que le Lion doit inspi­rer aux vogayeurs égarés dans les déserts.

Cependant ces animaux si forts, si féroces, crai­gnent lhomme aussitôt quils connaissent sa puis­sance; car ceux que la faim attire près des villa­ges de lInde et de la Barbarie, se contentent de faire la chasse au menu bétail, comme les Loups de nos climats, et fuient à la vue dun en­fant armé dun bâton. Les Lions qui habitent des montagnes couvertes de neige, sont aussi bien moins féroces et moins grands; ce sont ceux- quon peut, à force de soins, apprivoiser; jen ai vu plusieurs que lon montrait par curiosité et que leurs maîtres étaient parvenus à rendre doux com­me des moutons.

Le Lion, dans la captivité, sattache souvent à un autre animal faible et timide. Celui qui mou­rut, il y a quelques année», dans la ménagerie du Muséum dhistoire naturelle, avait été élevé, dès sa tendre jeunesse, avec un chien bracque quune maladie lui enleva, et peu sen fallut que la dou­leur nabrégeât les jours du Lion. Ce chien était devenu son compagnon desclavage, son ami ; le

'SAV

S'ü

s

38