l/( Saktiiusi. 15

Après mêtre fi avantageufement défait de ma mule, lhôte me mena chez un muletier qui devoit partir le lendemain pour Aftorga. Ce muletier me dit quil parti roi t avant le jour, & quil auroit foin de me venir réveiller. Nous convînmes du prix, tant pour le louage dune mule, que pour ma nourriture ; & quand tout fut réglé entre nous, je men retournai vers lhôtellerie avec Corcuélo, qui chemin faifant fe mit à me raconter lhiftoire de ce muletier. Il mapprit tout ce quon en difoit dans la ville. Enfin il alloit de nouveau métourdir de fon babil importun, fi par bonheur un homme afiez bien fait ne fût venu linterrom­pre, en labordant avec beaucoup de civilité. Je les taillai enfemble, & continuai mon che­min, fans foupçonner que jeufie la moindre part à leur entretien.

Je demandai à fouper dès que je fus dans lhôtellerie. Cétoit un jour maigre. On maccommoda des ceurs. Pendant quon me les apprêtoit, je liai converfation avec lhôteffe, que je navois point encore vue. Elle me pa­rut allez jolie, & je tr<fuvai fes allures fi vives, que jaurois bien jugé, quand fon mari ne me lauroit pas dit, que ce cabaret devoit être fort achalandé. Lorsque lomelette quon me faifoit, fut en état de mêtre fervie, je maffis tout feul à une table. Je navois pas encore mangé le premier morceau, que lhôte entra, fuivi de lhomme qui lavoit arrêté dans la rué. Ce cavalier portoit une longue rapière, & pouvoit bien avoir trente ans. II sapprocha B z de