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d’orner le seul monument érigé à la mémoire de l’époux qu’elle avait tant aimé, et pour lequel ses larmes coulaient encore. Cette triste occupation réveilla dans son âme des souvenirs douloureux. Pour se distraire, et se rappelant le bien que le matin encore le chant de la jeune bergère lui avait fait, elle se mit à chanter d’une voix douce et mélodieuse les strophes d’un pieux cantique.
La vie est un rude sentier,
Un chemin hérissé d’épines!
Ah ! pour le gravir en entier,
Que de force il faut, j’imagine!
Pourtant on y voit mainte fleur,
Même sur le rocher sauvage;
Dieu bienfaisant, Dicn créateur,
Partout j’admire ton ouvrage.
O doux espoir! c’est dans les cieux Qu’il vit rayonnant de lumière.
Dans ce séjour délicieux On jouit d’une paix entière.
Je vais poursuivre avec ardeur Courageusement ma carrière.
Puisque vous me donnez, Seigneur,
La force qui m’est nécessaire.
Pendant que Mathilde était encore à chanter les dernières strophes, Benno sortit de derrière un rocher,

