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et s’arrêta pour la contempler. Mathilde, en l’apercevant, jeta un cri d’effroi: »Ciel! que vois-je, un étranger, un ermite!« Benno alors s’approcha, la salua avec respect, et lui dit: «Dieu vous bénisse, noble dame! Pardonnez-moi, si je viens vous interrompre dans votre retraite solitaire.»
«C’est plutôt moi qui dois vous demander pardon, vénérable Père, de vous avoir embarrassé par mon effroi. Dans la vie solitaire que je mène ici, je n’aperçois jamais aucun être humain, si ce n’est quelque chasseur de chamois ou quelque bergère venant chercher une chèvre égarée. Tous m’ont promis de ne découvrir ma retraite à personne. Ce matin même j’ai rencontré une bergère, et, en la priant de servir de guide à ma tille jusqu’au prochain village, j’ai oublié de lui recommander le silence sur mon compte. Aurait-elle révélé mon secret asile ?«
«Rassurez-vous, noble dame,« répondit Benno; «je ne viens pas dans le dessein de vous nuire.»
«Puisqu’il en est ainsi, débarrassez-vous de votre manteau et de votre bâton, et asseyez-vous.»
Benno obéit, et après avoir pris place sur le banc de gazon, il dit:

