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morte, et pourtant vous vivez encore. Ce qui est arrivé une fois peut se renouveler."

»Pieux ermite," interrompit Mathilde, «vous en savez plus que vous nen dites. Parlez, parlez ! mes pressentiments me disent quAdelbert nest pas mort. Ne craignez pas que lexcès de la joie me I soit funeste. Oh ! il était toujours vivant dans mon coeur. Pour moi, il navait jamais cessé dexister.

| Dans ma maladie,- après Dieu, il était, avec ma fille, mon unique pensée. Je regardais notre réunion comme si prochaine, que chaque matin, à mon réveil, je me disais: Cest aujourdhui que tu le reverras, dans quelques heures peut-être. A peine si je songeais quil faudrait que la mort vînt mou- | vrir les portes de léternité. La barrière entre le temps et léternité, entre ce monde-ci et lautre, avait disparu à mes yeux. Si donc javais le bon­heur de revoir mon époux, fut-ce à linstant même, ce ne serait que la réalisation du voeu le plus ar­dent de mon coeur, et rien de plus. Seulement, le lieu et les circonstances seraient tout autres que je me les étais figurés; je le reverrais, non dans lautre monde, mais dans celui-ci. Parlez donc, parlez, et ne me cachez rien, je vous en prie." A ces dernières paroles, Théoiinde saisit la main

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