amis ne peut venir à mon aide. Vous seul, ô mon Dieu! vous pouvez faire ouvrir les portes de ma prison. Ah! venez! prenez pitié de moi! ne maban­donnez pas dans mon affliction!»

Anéantie par la douleur, Geneviève fut ensuite long-temps sans pouvoir pleurer. «Ah! dit-elle en­fin, quil est heureux, lêtre le plus misérable, en comparaison de moi ! Son coeur sépanouit à la vue du ciel et des prairies verdoyantes: si javais été une pauvre bergère, au lieu dêtre une princesse, que mon sort serait plus propice! Hélas! ils mont tout ravi! Je nai plus rien au monde: le soleil même, qui dispense à tous sa clarté, nexiste plus pour moi! Cependant, continua-t-elle, et ses pleurs recommencèrent à couler, cependant vous mappar­tenez encore, ô mon Dieu! Cest vous qui désor­mais serez mon soleil. Dès que mes pensées se portent vers vous, je sens se dissiper les nuages et le trouble de mon ame; je sens de nouveau, comme une douce rosée, tomber mes larmes taries par lexcès de mon affliction.»

Cest alors que Geneviève se ressouvint des pa­roles que lévèque lui avait adressées au moment elle allait quitter ses parents. «Cest donc, ô homme pieux! dit-elle en promenant ses regards dans sa prison, cest le bonheur que tu me pro­mis; cest dans cet affreux cachot que devait me conduire un chemin parsemé de fleurs!... Cepen­dant, ô mon Dieu! puisque vous avez permis que jy fusse renfermée, ce ne peut être que pour mon fieiieviève. 2