CHAPITRE I.
Geneviève épouse le comte Sigefroi.
La religion chrétienne avait déjà dissipé les ténèbres du paganisme en Allemagne, et, par son influence salutaire, elle avait beaucoup adouci les moeurs de ses belliqueux habitants. La terre, inculte jusqu’alors, était devenue plus fertile; de beaux jardins, des champs couverts de riches moissons, avaient remplacé les immenses forêts qui couvraient auparavant une partie du sol. L’agriculture, perfectionnée, donnait à tout le pays un nouvel aspect.
C’est à cette époque reculée que vivait dans les Pays-Bas un certain duc de Brabant. Sa valeur lui avait attiré l’admiration et une grande renommée; chacun l’aimait et le respectait à cause de sa piété, de son humanité et de sa justice. Son épouse, qui partageait ses beaux sentiments, n’était avec lui qu’un coeur et qu’une ame, et Geneviève, leur tille unique et chérie, recevait par leurs soins une excellente éducation.
Dès l’âge le plus tendre cette jeune princesse montra beaucoup d’intelligence. L’on vit se développer en elle toutes les qualités les plus précieuses. Elle
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