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avait été dévoré par un loup, et la surabondance de lait lui était devenue incommode. Bénoni, rassasié, té­moigna lenvie de dormir. Sa mère lenveloppa dans une partie de ses vêtements; puis elle le déposa dans un coin de la caverne, disposé naturellement comme pour servir de couchette.

Songeant seulement alors à elle-même, Geneviève sortit de son asile. Elle ramassa les courges éparses, les brisa, en creusa de son mieux lécorce, et les lava dans la source voisine. A son retour dans la caverne, elle trouva la biche couchée près du petit enfant. Elle lui présenta quelques herbes fraîches quelle avait cueillies dans la source. La biche sétant levée, vint les manger dans la main de Geneviève et la lécha en signe de reconnaissance. Ensuite elle se laissa traire pa­tiemment. Geneviève remplit de son lait plusieurs moitiés de courges, dont elle avait fait des vases; puis elle se mit à prier et à remercier la bonne Providence du secours inattendu quelle venait de lui envoyer: »Bon Dieu ! dit- elle avec émotion, ce lait qui va nous servir de nourriture, est un présent de votre amour! Du sein même de ce rocher, vous avez fait jaillir pour moi une source abondante de biens. Cest vous qui avez permis que quelque oiseau laissât tomber dans ce désert la graine qui a produit cette courge, afin que jeusse des vases pour recueillir vos dons précieux. Cest vous qui avez conduit mes pas dans cette ca­verne, et qui mavez fait rencontrer cet animal bien­faisant. Mon enfant et moi, nous navons plus à re­douter les tourments de la faim. Sans crainte, je