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Souvent elle éprouvait un vif désir de pouvoir visi­ter encore quelque temple du Seigneur. «Quel bon­heur, se disait-elle, découter la parole de Dieu parmi des milliers de fidèles dont les saints cantiques sélè­vent en choeur vers le ciel ! Le son dune cloche suf­firait même pour soulager mon coeur oppressé. Mais la nature entière est aussi votre temple, Seigneur! Le coeur de celui qui vous aime est un autel dans la soli­tude du désert.»

Ainsi Geneviève élevait son ame à la vue de tout ce qui lentourait. Quand lhiver la retenait fortement dans la caverne, cétait quelle se livrait à ses graves méditations.

CHAPITRE X.

Education de Bénoni.

Telle que parmi les bruyères et les épines du désert se déploie quelquefois une fleur charmante, nuancée dor et de pourpre, ainsi lenfant de Geneviève se dé­veloppait et brillait dune beaulé angélique au milieu de la solitude des forêts. Déjà il avait appris à marcher; sa mère lavait revêtu de la peau bigarrée dun jeune chevreuil, quelle avait dérobé dans la forêt à la rapa­cité dun renard. Quoique Bénoni ne fût nourri que dherbes et de racines, deau et de lait, il ne laissait pas dêtre plein de santé et de vie. Son intelligence se développait rapidement. Déjà il avait le sentiment de son existence; déjà il distinguait les objets dont il