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noni, le bon Dieu ma donné une mère qui maime bien plus encore que loiseau naime ses petits : sans elle, il y a long-temps que je serais mort! « ... En di­sant ces mots, il se jeta au cou de sa mère.

Chaque jour il avait quelque chose de nouveau à lui montrer ou à lui raconter. Comme elle ne soccupait que de lui exclusivement, et quil navait ni camarades pour le corrompre, ni joujoux pour le distraire, son intelligence se développait rapidement. Il aimait sa mère par-dessus tout, et les beautés de la nature fai­saient sur son ame innocente et pure la plus vive im­pression. Tous les matins il apportait à Geneviève les plus belles fleurs ; il cueillait pour elle des fraises et des myrtilles, et plus tard des mûres et des fram­boises, dont il remplissait les jolies corbeilles de jonc quelle lui avait tressées. Il ornait lintérieur de la ca­verne de coquillages entremêlés de mousse et de pe­tites pierres brillantes, ce qui donnait à la grotte un aspect des plus agbéables. Il lui détaillait journelle­ment les progrès deé 1 petites boules rondes qui avaient remplacé les fleurs du prunellier, et des petits grains de couleur verte qui avaient crû sur léglantier; il lui donnait aussi des nouvelles des petits oiseaux, jus­quà ce que le prunellier fut couvert de baies dun noir foncé, que léglantier se para de ses fruits pour­prés, et que les petits oiseaux se furent envolés.

Létoile du matin, le pourpre éclatant du soir qui brillait à travers les noirs sapins, larc-en-ciel et ses sept couleurs, lui causaient une joie inexprimable, quil faisait toujours partager à sa mère. A chaque in-