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Les petits oiseaux trouvent leur nourriture sur les ge­névriers, dont les baies sont en pleine maturité dans cette saison: ils étanchent leur soif dans londe tou­jours limpide de notre fontaine, qui nourrit pfiïs dun petit animal de la verdure dont ses bords sont perpé­tuellement couverts. Tels sont les soins paternels que Dieu étend sur toutes ses créatures.»

Pendant les temps les plus rigoureux, Bénoni pre­nait grand plaisir à répandre devant la caverne diffé­rentes semences quil avait recueillies. Le rouge- gorge et la jolie mésange sabattaient à lentrée delà grotte, et venaient les becqueter familièrement. Il se­mait aussi quelques poignées du foin dont Geneviève avait fait provision; les lièvres et lès chevremls ve­naient y apaiser leur faim. Les premiers acceptèrent bientôt leur nourriture de la main même de Bénoni, et les chevreuils se familiarisèrent au point quils folâ­traient avec laimable enfant.

Cest ainsi que, pendant lhiver, Geneviève ne laissa pas de goûter quelques plaisirs; mais elle eut aussi des maux cruels à supporter. Bénoni sendormait de fort bonne heure, et ne se réveillait jamais tant que durait la nuit. Que dheures elle vit sécouler assise dans sa caverne obscure, seule et sans pouvoir goûter les douceurs du sommeil! »Ah! disait-elle souvent, quel bienfait du Ciel ce serait pour moi, si javais une lampe dont la douce lumière pût dissiper les ténèbres dont je suis environnée! Que je mestimerais heu­reuse alors, si javais quelque bon livre ou un rouet avec un peu de lin! La moindre de mes domestiques