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arriveras au bout de cctle lorêt, et tu verras se dé­ployer devant toi une grande et belle plaine, habitée par plusieurs milliers dhommes. «

«Plusieurs milliers dhommes! sécria Bénoni frap­ de surprise. Jai toujours cru que nous deux nous étions seuls dans ce monde; mais, chère maman, pourquoi ne mas-tu pas dit cela plus tôt ? Oh ! si tes forces te le permettaient, nous irions bien vite les trouver.*

«Hélas! mon cher fils, dit Geneviève, ce sont ces hommes eux-mêmes qui nous ont relégués dans ce désert; bien plus, ils voulaient nous donner à tous deux la mort.»

«En ce cas, je ne veux point deux, dit lenfant; je les croyais tous aussi bons que ma chère maman. Mais ces hommes- ne doivent-ils pas mourir un jour?» «Oui, dit Geneviève, aucun nest exempt de cette loi.»

«Eh bien! cest quils lignorent, comme je lai igno­rée jusquà ce moment, sécria Béuoni; je vais les trouver, afin de les en instruire. Hommes, vous êtes tous sujets à la mort, leur dirai-je; si vous ne vous corrigez, vous nentrerez point au ciel. Oh! sils ajou­taient seulement foi à mes paroles! «

«Cher enfant, dit Geneviève, il y a long-temps quils sont instruits de cela; mais ils nen deviennent pas meilleurs. Ils vivent dans une grande abondance de biens ; la terre leur fournit les plus beaux fruits, in­connus dans ce désert: ils ont des boissons exquises et des mets délicieux ; leurs vêlements ont toutes les nuances dont se parent les (leurs: souvent même ils Geneviève. 5