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faudra traverser ce désert horrible dont tu auras à franchir les forêts impénétrables, les rocs escarpés et les profonds abîmes. Mais Dieu te prêtera son aide, et te fera parvenir heureusement chez le père qu’il t’a donné ici-bas. C’est lui qui nous assiste dans le pèlerinage de la vie, plus dangereux encore que celui que tu vas entreprendre. N’oublie pas d’emporter avec toi quelques courges pleines de lait, afin que tu n’aies pas à redouter en route les tourments de la faim. Voilà aussi un bâton, pour te défendre contre les bêtes féroces. Pauvre enfant! tu es faible, sans doute; mais Dieu, qui me rendit maîtresse d’un loup furieux, te prendras sous sa protection. Quiconque met sa confiance en lui, n’a rien à redouter dans ce monde.»
Vers le soir, la faiblesse de Geneviève devint excessive, à peine avait-elle encore la force de respirer; une sueur abondante et froide couvrait tout son corps. Elle recueillit toutes ses forces pour s’asseoir sur son lit de mousse, et fixa sur son cher enfant un regard douloureux. »Bénoni, dit-elle d’une voix émue et solennelle qui le lit tressaillir; Bénoni, mon lils, mets-toi à genoux: je veux te bénir comme autrefois ma mère me bénit lors de notre séparation.» Ce pauvre petit, s’étant agenouillé, inclina vers la terre son visage inondé de larmes; Geneviève posa ses mains sur la tête de l’enfant, et dit avec une profonde émotion: »Que Dieu te bénisse, mon pauvre petit ! Que son esprit saint te dirige et te conserve pur et sans tache, afin que je puisse un jour te revoir dans le ciel! « Puis elle

