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de la santé de son maître, et le comte se mit à lui ra­conter tout ce qui avait eu lieu pendant son absence. Lhonnête serviteur en pâlit deffroi. «O mon cher maître! quavez-vous fait? sécria-t-il; votre épouse nest point coupable, jen réponds sur ma tête, que les années ont blanchie. Une personne élevée dans des principes aussi purs, une ame si pieuse, ne se livre pas si promptement au vice et au crime. Une longue expérience ma convaincu de cette vérité. Pour votre Golo (pardonnez la franchise dun vieux serviteur), pour votre Golo, ce nest quun homme exécrable, dé­pourvu de toute espèce de mérite. Je sais que par ses flatteries il a trouvé le secret de sinsinuer dans vos bonnes grâces ; mais, seigneur, daignez men croire, celui qui vous loue et qui vous donne toujours raison, est votre ennemi le plus dangereux; il vous méprise dans le fond du coeur, et ne songe quà son intérêt. Un ami sincère vous dit la vérité, lors même quelle vous blesse. Mon cher maître, ne rejetez pas ma prière; révoquez de suite un jugement précipité. Grand Dieu! vous regarderiez comme un crime de condamner, sans lentendre, le moindre de vos su­jets, et vous navez pas craint de prononcer larrêt de mort dune épouse chérie, dune femme vertueuse! Vous navez pas même essayé de la croire innocente! Puissiez-vous navoir pas à gémir sur ce funeste emportement! Hélas! je crains bien quil nait pro­duit un malheur irréparable ! «

Sigefroi convint quil avait agi avec une trop grande précipitation Mais, était-ce Geneviève, était-ce Golo