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à elle, je saurai bien te défendre. Il m’étendra plutôt mort sur la place que de te faire aucun mal.«
«Cher enfant, ne crains rien, dit Geneviève avec tendresse. Regarde-le et viens lui baiser la main. 11 ne te fera aucun mal ; car c’est ce bon père dont je t’ai tant parlé. Vois, ses larmes coulent sur nos misères. Dieu l’a envoyé pour y mettre un terme, et pour nous tirer de cet affreux désert.»
L’enfant, s’étant retourné, leva les yeux vers Sige- froi. C’était la vivante image du comte. Il avait ses cheveux noirs bouclés avec grâce, son front noble et élevé, ses grands yeux pleins de feu, son beau nez aqui- lin, et sa bouche charmante. Les larmes de Sigefroi coulèrent avec plus d’abondance à la vue de cet aimable enfant, dont le vêtement annonçait les misères. Il le prit dans ses bras, le couvrit de baisers, et longtemps il ne put proférer que ces paroles: »0 mon fils! ô mon fils!» Puis, ému jusqu’au fond de l’ame, il leva les yeux vers le ciel, entoura de son autre bras la tendre Geneviève, et s’écria d’une voix entrecoupée de sanglots: »0 mon Dieu! c’est trop de félicité à la fois pour mon coeur qui naguère était dévoré des plus cuisants regrets ! Le jour que je n’osais espérer vient de luire pour moi; je tiens dans mes bras le fils chéri que je vois pour la première fois, et l’épouse bien- aimée qui m’est, pour ainsi dire, rendue du séjour des morts.»
Geneviève joignit fortement les mains, et dit, en élevant vers le ciel ses regards où brillait la piété la plus ardente et la plus pure : «Mon Dieu, prodigue de

