Parmi les personnes qui vinrent à la rencontre de Geneviève, se trouvaient deux pèlerins. Ils étaient munis chacun d’un bâton noueux, et portaient de grands chapeaux garnis de coquillages. S’étant approchés de la chaise à porteur, il se jetèrent aux genoux de la comtesse élonnee: c’étaient les deux hommes que Golo avait jadis chargés de son exécution. Tous deux, mais surtout Conrad, lui demandèrent pardon de l’avoir si cruellement abandonnée dans le désert plutôt que de l’avoir, à tout risque, reconduite chez ses parents. Us lui dirent ensuite que, ne croyant plus leur vie en sûreté dans le voisinage de Golo, ils avaient fait un pèlerinage à la Terre-Sainte; il n’y avait que peu de jours qu’ils en étaient revenus. Craignant le ressentiment du comte, ils ne s’étaient fait reconnaître que de leurs parents. Ils ne doutaient point de la mort de Geneviève, et pour ne pas renouveler inutilement la douleur de son époux, ils avaient résolu d’ensevelir toute l’histoire dans un silence éternel.
Geneviève leur lendit la main avec bonté. »C’est à vous, après Dieu, dit-elle, que je dois la vie, ainsi que mon lils. Mon enfant, remercie ces braves gens ; ce sont eux qui, plus dociles à la voix de Dieu qu’à celle des hommes, laissèrent tomber le glaive qui devait te frapper. N’est-ce pas, continua t - elle en souriant avec douceur, et en tournant vers les pèlerins ses yeux humides de larmes, vous ne vous repentez point de nous avoir épargnés ! «
«Hélas! répondirent-ils, nous croyions faire beaucoup en vous accordant la vie. Nous voyons à présent

