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le ciel.» Geneviève ne reconnaissait pas la jeune fille. On lui apprit que cétait la fidèle Bertha qui lavait vi­sitée dans sa prison, et qui avait alors quatorze ans.

Limage de la nuit terrible quelle avait passée dans sa prison, vint alors se retracer vivement au souvenir de Geneviève. Elle embrassa la jeune fille, leva les yeux vers le ciel et sécria : »Mon Dieu! me serais-je attendue à un pareil retour, quand on memmenait hors de ces murs comme une pauvre criminelle! O Dieu! seul, dans ce moment terrible, vous connais­siez mon avenir! vous me réserviez déjà le bonheur dont je jouis en cet heureux jour. Si tels sont sur cette terre les honneurs et la félicité que vous accor­dez à linnocence, que na-t-elle point à espérer dans le ciel ! « Elle prit alors, en rougissant, des mains de Bertha la couronne quelle lui présentait.

«Vous avez bien raison, dit Wolf. Il est vrai quici- bas linnocence nobtient pas toujours un triomphe aussi beau; Dieu ne le lui accorde que rarement, afin de nous faire pressentir les délices quil réserve au juste dans lautre vie. Seigneur, dit-il alors en se tournant vers le comte, voilà quatre-vingts ans que jhabite celte terre; souvent je suis entré victorieux dans ce château, mais jamais je nai vu de fête com­parable à celle-ci.» »Mon brave, répondit le comte, cest que Dieu lui-même la préparée; car elle est le triomphe de la vertu.»

Geneviève avait goûté tant de jouissances, et versé tant de larmes dans ce beau jour, quelle éprouvait une grande lassitude et un épuisement total. Avec