107
CHAPITRE XVII.
Fin de l’histoire de Geneviève.
Depuis que Geneviève était üe retour, chacun voulait contempler ses traits. Elle était ordinairement vêtue de blanc, assise dans un fauteuil ou sur un lit de repos. Sa figure avait une expression si angélique de piété et de douceur, qu’elle semblait environnée d’une auréole de gloire. Elle avait toujours quelques mots à dire à ceux qui venaient la voir, elses paroles restaient gravées dans leur souvenir.
»Mes bons amis, leur disait-elle d’une voix tou- chanteau suis charmée de vous voir chez moi. Je vous remercie de l’amour que vous me témoignez, et de la part si vive que vous prenez à mes peines et à mes plaisirs. Je n’ignore point que vous avez aussi beaucoup à souffrir. Mais aimez Dieu, et reposez-vous sur sa providence. Ne vous livrez jamais au désespoir; car il préserve les siens de tout danger, et fait tourner en bien ce que les hommes ont pensé en mal. Vous en voyez la preuve dans mon histoire.
«Sachez vous contenter du peu que vous avez, car l’indigence n’exclut pas le bonheur; c’est ce que j’ai appris dans le désert. Quelque pauvre que vous soyez, vous ne l’éles pas autant que je le fus pendant sept longues années. Vous possédez tous une chaumière pour vous abriter, et des vêlements pour vous couvrir. Vous avez un lit pour vous reposer, et l’hiver un peu de bouillon et du feu pour vous réchauffer. Que faut- il de plus à l’homme sage pour vivre content? Ne vous

