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Hirlanda était le rejeton d’une tige bénie. Ses parents prodiguèrent à ses jeunes années les soins les plus assidus: bien loin de la livrer aux dangereuses séductions de la vie de luxe et de fêtes dont sa naissance illustre l’appelait à jouir, ils s’appliquèrent à lui inspirer les goûts simples de la vie intérieure, et l’habitude du travail. Ce fut pour elle un immense bienfait. Sans ces utiles enseignements, comment la pauvre Hirlanda aurait-elle pu se créer des ressources contre les infortunes qui l’assaillirent plus tard?
Malgré sa vie paisible et retirée, il n’était bruit dans toute la contrée que des grâces et des charmantes qualités d’Hirlanda. Les jeunes seigneurs des plus nobles familles parlaient d’elle avec une respectueuse admiration. Il n’y en avait pas un parmi eux qui n’eût aspiré de tous ses désirs à l’honneur d’obtenir pour épouse une jeune personne si accomplie, comme le gage le plus assuré d’une inaltérable félicité.
Hirlanda ne put ignorer long-temps les sentiments affectueux dont elle était devenue l’objet. Les visites se succédaient sans cesse au château de son père, et de nombreuses propositions d’alliance étaient offertes au choix de ses parents.
Parmi les jeunes seigneurs qui la demandèrent en mariage, on remarquait surtout le fils d’un comte d’Angleterre. II se nommait Arthur. Doué des plus rares qualités de l’esprit et du coeur, ses manières distinguées, l’attrait de sa conversation, révélaient au premier abord une supériorité très - marquée.

