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halte, Arthur se retourna pour jeter de loin un mélancolique regard sur les tourelles de son château, que voilait encore la brume du matin. Il pensa aux larmes que verserait sa bonne Hirlanda, quand à son réveil elle se trouverait seule. Son coeur se serra douloureusement, comme si de funestes présages lui eussent apparu dans l’avenir.
Puis il chercha un refuge dans la prière contre le trouble qui agitait son ame. Il éleva vers Dieu ses regards et sa pensée, et continua sa route dans une méditation pieuse qui raffermit peu à peu son courage.
CHAPITRE III.
Gérard.
Arthur avait un frère nommé Gérard, mais qui était fort loin de lui ressembler. Arthur aimait la frugalité et les joies d’une vie paisible et modeste; Gérard, au contraire, recherchait tous les plaisirs d’une vie bruyante et dissipée. Aux plus folles prodigalités il joignait un mauvais coeur. Depuis long-temps envieux du bonheur dont jouissait son frère, il n’avait d’autre désir que de le voir mourir le plus tôt possible, sans postérité, afin d’hériter de ses titres et de ses richesses. Aussi reçut-il avec une profonde contrariété la nouvelle qu’Arthur allait être père; bientôt après il apprit avec joie le départ forcé d’Arthur pour une guerre lointaine. C’était une précieuse occasion d’assurer le succès de quelque perfide projet que son

