nir. Les seigneurs âgés et couverts d’honorables cicatrices pouvaient seuls rester chez eux, en confiant leurs troupes à quelque chef de leur choix; mais le comte Arthur, brillant de jeunesse et de valeur, aurait attiré sur lui le mépris et la honte, s’il ne se fût pas mis en personne à la tête de ses hommes d’armes. Une cruelle douleur déchira son ame à l’idée de se séparer de son épouse. Il ne savait à quels ménagements recourir, pour lui annoncer cette triste nouvelle ; et pourtant il fallut obéir aux ordres du prince.
Lorsque Hirlanda revint du premier saisissement qu’elle avait éprouvé, elle comprit la nécessité de cette séparation. Arthur, pour la rassurer un peu, s’efforça de lui faire envisager que l’ennemi avait des forces très-inférieures, qu’ainsi la victoire ne pouvait être douteuse, et qu’il reviendrait bientôt auprès d’elle. Il lui promit aussi de ne pas s’exposer témérairement à d’inutiles dangers, persuadé que la main de Dieu le protégerait dans toutes les circonstances où le devoir et l’honneur l’obligeraient de risquer ses jours.
Ces qpsurances versèrent un peu de calme dans l’esprit (UHirlanda. Mais, après avoir recommandé aux serviteurs de sa maison une obéissance absolue à tous les ordres de son épouse, Arthur avait résolu, pour lui épargner de trop vives angoisses, de lui cacher soigneusement l’époque fixe de son départ. Tous les préparatifs se firent en secret, et un jour il partit avant l’aurore, suivi de ses hommes d’armes, dans le plus grand silence, et sans laisser d’adieux.
Lorsque la petite troupe fut arrivée à la première

