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ligues du chemin, et sans prendre d’autre repos que celui qu’exigeaient les besoins de sa troupe.
Tous ses compagnons s’étaient montrés, au départ, tristes et abattus comme s’ils eussent pris une part intime au chagrin de leur jeune seigneur; mais quand ils furent loin de leur patrie, ils reprirent peu à peu leur insouciance, et ne parlèrent bientôt plus que de combats et des triomphes qui les attendaient. Arthur, lui-même, entraîné par leur exemple, semblait parfois sortir de sa rêverie mélancolique, et souriait à leur belliqueuse gaîté. Mais lorsqu’ils furent réunis à l’armée royale, les privations et les ennuis d’une étroite discipline réveillèrent souvent en eux les souvenirs de la patrie, et plus d’un redoutait secrètement de ne point goûter les joies du retour.
Un soir, Arthur, enfermé dans sa tente, se livrait à de tristes pensées; il n’y avait à cette heure auprès de lui qu’un ami fidèle, un compagnon de son enfance, qui le suppliait avec instance de lui confier les causes de sa mélancolie. »Si je ne puis vous guérir, lui disait- il, vous savez du moins qu’il est doux de soulager son coeur en versant la moitié de ses peines dans le sein d’un ami.
»Merci, reprit Arthur, merci de ton pieux attachement. Nul plus que moi n’apprécie le bonheur de posséder un ami dévoué. Mais comment ne serais-je point triste! Depuis notre départ de Bretagne, les plus cruelles inquiétudes ne cessent de m’assaillir. Cette nuit encore, j’ai eu un rêve affreux. Je voyais ma bonne Hirlandasur son lit de mort. Auprès d’elle pla-

