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même, et surtout den dérober le soupçon à tous ceux qui lentouraient. Les longues heures de ses jours étaient employées à préparer la layette de lenfant quelle attendait. Elle avait pris soin de broder elle- même un voile de soie bordé dhermine pour orner son berceau.

De son côté, le méchant Gérard rêvait aux moyens dassurer ses projets diaboliques. Il avait compris que la naissance dun enfant allait détruire toutes ses espé­rances dhéritage, lors même que son frère mourrait à la guerre. Une seule chance de succès lui restait. Il fallait enlever lenfant et lenvoyer en pays étranger, afin quon ne pût jamais retrouver ses traces.

Pour réussir, Gérard avait besoin du concours des domestiques, et surtout de la nourrice. Quant à cette dernière, il pensait pouvoir compter sur elle; le plus difficile était de gagner les valets. Gérard se servit dune ruse adroite: il les réunit un soir, et leur dit avec beaucoup de sang-froid que son frère venait de lui écrire pour le prier de se charger de lenfant dès quil serait, et de le faire transporter en Angleterre, il serait élevé près de lui avec les plus grands soins.

Il prit ensuite à part la nourrice et les femmes qui servaient Hirlanda, et leur annonça que de leur obéis­sance ou de leur indiscrétion allait dépendre leur for­tune; celles-ci, subjuguées à la fois par la crainte et lintérêt, firent tous les serments quil exigea.

Sur ces entrefaites, Hirlanda tomba malade; Gé­rard ne perdit pas de temps pour accomplir son