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bras de son époux? Jamais ami fit-il verser des pleurs plus légitimes?

Eh bien! Gérard neut pas honte de profaner les plus saints regrets. Un jour, en causant avec Arthur, il jeta, comme par hasard, quelques mots à travers la conversation. »Tou(e question de reconnaissance mise à part, disait-il, jai peine à mexpliquer la dou­leur et les regrets extraordinaires que ma belle-soeur nourrit depuis la mort dOlivier. Ny as-tu point songé, frère? Après tout, Dieu me garde de vouloir troubler ton repos! Qui sait? lavenir se chargera peut-être de ten apprendre davantage.«

Arthur, à ces mots, pâlit tout-à-coup de colère, comme si une odieuse lumière eût blessé son regard. Il ne répondit rien, il étouffa ce quil ressentait; mais, à travers les crispations de sa physionomie, Gérard put sapercevoir quil avait semé les germes de la dé­fiance et du soupçon sur un sol fécond; il comprit quun orage terrible allait fermenter peu à peu dans cette tête ardente et follement crédule.

Quelques jours plus tard, ce fut le comte lui-même qui parla dOlivier. A ses questions faites dun ton assez indifférent, Gérard répondit comme sil se fût agi de choses sans importance.

» Pendant ton absence, cher frère, Olivier venait ici presque chaque jour. Ma belle-soeur paraissait fort charmée de ses visites. Voilà tout ce que je sais.«

Mais, reprit Arthur, quel but pouvaient avoir les visites dOlivier ?«