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La malheureuse comtesse était dans son oratoire en prières, lorsque les soldats se présentèrent, les lar­mes aux yeux, pour exécuter lordre de leur maître. On la transporta plus morte que vive dans une tour isolée qui devait lui servir de prison. En reprenant ses sens, elle ne sut dabord en quel lieu elle se trou­vait. Peu à peu ses regards saccoutumèrent à lobscu­rité presque totale qui régnait autour delle; ses mains touchèrent une porte garnie de fer, ses pieds frôlèrent un tas de paille humide jeté dans un coin; alors il ne lui fut plus possible de douter de son malheur. Elle pleura, pleura long-temps, mais personne ne vint la prendre en pitié, et aucun moyen ne lui restait de faire parvenir à son époux quelques paroles de justifica­tion. Son coeur innocent et pur éleva vers Dieu seul son unique espoir, et cette sainte pensée apporta du moins un peu dadoucissement à ses souffrances.

Quand les premiers transports de sa colère furent passés, le comte Arthur appela son frère pour concer­ter avec lui les mesures quil convenait de prendre afin de réparer aux yeux du monde linjure faite à son nom. Gérard, qui le connaissait assez pour savoir que la mort dHirlanda était résolue, feignit dintercéder pour elle, et représenta à son frère quil ne devait pas sériger en juge avant davoir acquis la preuve in­contestable qui justifierait larrêt dHirlanda.

Ce conseil fut suivi. Arthur fit porter son cartel à laccusateur, et le jour fut pris pour ce duel dont l'issue devait être le châtiment dun faux témoin, le supplice dune femme innocente que les lois de ces

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