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Il savança jusquà la tribune du comte Arthur, et, sinclinant avec une gracieuse courtoisie, prononça ce peu de mots: «Jaccepte le combat contre le faux té­moin qui ose accuser Ilirlanda; jespère que Dieu ne permettra pas que la plus pure vertu qui existe sous le ciel succombe dans cette terrible épreuve.»

Laccusateur répondit à ces paroles calmes et dignes par dinsolentes bravades. La jeunesse de son adver­saire lui semblait dun bon augure pour le succès de sa perfidie, car il simaginait avoir affaire à très-faible partie.

Tous deux prirent leur distance aux extrémités de la lice, et fondirent lun sur lautre, au galop, la lance en arrêt. Le premier choc fut si rude que le cheva­lier dIIirlanda fut désarçonné. Un murmure de com­passion circula dans la foule, et laccusateur crut déjà triompher en voyant son antagoniste rouler sur le sable. Il descendait de cheval pour le forcer de svouer vaincu, lorsque, à sa grande surprise, il le vit se relever en un clin doeil et se remettre en selle. Lins­tant était décisif. Laccusateur saisit à deux mains sa lourde épée, et en déchargea un coup furieux sur le cheval de son adversaire ; mais celui-ci, par une ma­noeuvre aussi adroite que rapide, évita le coup, et, fondant à son tour sur lennemi, lui plongea sa lance dans le flanc, au défaut de la cuirasse.

Une salve dapplaudissements témoigna lallégresse des spectateurs. La cause dHirlanda était gagnée et chacun voyait dans cet heureux événement un signe