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manifeste de la protection divine qui avait fait servir le faible bras dun jeune guerrier au triomphe de la vérité et de la vertu.

Le misérable complice de Gérard se sentant blessé à mort, vomit d'affreuses imprécations contre Dieu et les hommes. Le vainqueur lui mil le pied sur la gorge, et, levant de nouveau sur lui son épée sanglante, le menaça de le hacher, sil ne confessait sur-le-champ et en public ses odieuses calomnies. Cet aveu si im­portant pour le salut dIIirlanda séchappa des lèvres du moribond, qui exhala bientôt après son ame parmi daffreux blasphèmes.

Gérard avait voulu prendre la fuite, mais Je comte Arthur, qui ne le perdait point de vue, le vit arrêter tout-à-coup et charger de chaînes jusquà plus ample informé.

Cependant, chacun se demandait quel pouvait être le généreux défenseur dHirlanda La comtesse elle- même le contemplait avec étonnement, car il portait une écharpe à ses couleurs, et pourtant elle ne pou­vait le deviner. Enfin lattente générale fut suivie dun pieux attendrissement, lorsquon vit le jeune homme monter, tête nue, les degrés de lestrade lattendait Hirlanda, fléchir le genou devant elle, et lui dire à haute voix: »Noble dame, votre fils bénit Dieu de lui avoir accordé la faveur dexposer sa vie pour lamour de vous. Après les longues années de notre sépara­tion, la Providence amène à vos pieds un enfant digne de vos vertus, et trop heureux de vous avoir offert une faible preuve de sa tendresse.