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«Sans doute, reprit le religieux; mais pour le faire avec fruit, il faut attendre que Gérard ait fait un retour sur sa vie passée, et qu’il ouvre son ante au repentir, car nul autre que Dieu ne peut changer le coeur du pécheur.»
A ces mots, le geôlier de la tour demanda à être admis auprès delà comtesse; il venait, chargé d’un message du prisonnier, solliciter un pardon qui diminuerait un peu les angoisses de ses remords.
»Oh! s’écria Hirlanda, jecours moi-mêmelui porter l’assurance de ce pardon !....«
«Pas encore, reprit l’abbé. Le geôlier peut lui porter de votre part cette pieuse promesse; mais Gérard n’est pas encore préparé à recevoir votre visite. Ne précipitez rien.»
«Mais, mon père, ce malheureux ne souffre-t-il pas assez !... Je sens que je ne goûterai plus un moment de repos, jusqu’à ce que j’aie versé dans son ame des paroles de consolation.»
«Vous êtes un ange, Madame, s’écria d’une voix émue le digne religieux. Allez donc, j’y consens, mais permettez au moins que je vous accompagne.»
«Eh bien, oui, venez. La présence de l’hom
me de Dieu lui rendra quelque espérance.»
Le geôlier les précéda pour leur ouvrir le cachot de la tour.
Gérard, en les apercevant, se souleva sur sa paille humide, et agita douloureusement ses chaînes. Des larmes abondantes coulèrent de ses yeux, et il resta quelques minutes sans proférer une seule parole.

