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Hirlanda balbutia la première quelques mots dun généreux oubli du passé. Gérard parut alors sortir de sa rêverie mélancolique : «Oh! oui, vous êtes bonne, lui dit-il dune voix entrecoupée de sanglots; vous avez pitié du malheureux qui vous a fait tant de mal, et, au lieu de le maudire, vous lui apportez le pardon. Que Dieu vous entende, Hirlanda, et quil ne soit pas pour moi plus rigoureux que vous dans sa justice iné­vitable. Merci, merci mille fois de tant de bonté; elle me rendra moins terrible la dernière heuredemavie.«

«Ayez confiance, mon fils, reprit labbé Bertrand; Jésus-Christ a voulu mourir sur la croix pour racheter les pécheurs et non les justes qui lattendaient pour lui demander une part dans le ciel. Ayez confiance et espérez. Le repentir est un second baptême qui régé­nère nos âmes pour la vie éternelle.»

«Quil me soit donc fait selon ce que vous me dites, interrompit Gérard ; je sens que mon ame est brisée, et que je ne survivrai pas long-temps au déshonneur dont je me suis souillé; mais du moins quil me soit permis de rentrer en grâce. Approchez-vous, mon père, car mes chaînes mempêchent daller jusquà vous et de me traîner à vos pieds. Daignez enten­dre le récit des fautes de ma vie, et maider ensuite à prier.»

Hirlanda voulut se retirer un moment. «Non,

restez aussi, s'écria Gérard ; si ma mémoire infidèle oubliait quelque chose de ces fautes dont vous avez tant souffert, vous achèveriez pour moi cette confes­sion solennelle.»