vaient soutenir des thèses. Sur quoi je lui dis, en me levant, que, puisqu’il ne me faisait plus dire ma leçon, je n’avais plus que faire de rester en classe. En disant cela, je lui fis la révérence et à tous les écoliers, et sortis de la classe. Un de mes amis, qui m’aimait fort, sortit aussi, et me suivit. Nous allâmes au jardin du Luxembourg, où, ayant réfléchi sur la démarche que nous venions de faire, nous résolûmes de nous mettre à étudier ensemble. Nous exécutâmes ce projet; et pendant trois à quatre années de suite, cet ami vint presque tous les jours deux fois au logis. Nous lûmes presque toute la Bible, Virgile, Horace, Tacite, dont nous fîmes des extraits que j’ai encore. L’été, lorsque cinq heures étaient sonnées, nous allions nous promener au Luxembourg, homme mon ami était plus studieux que moi, il lisait encore, de retour chez lui, et pendant la promenade il me redisait ce qu’il avait lu. »
Perrault nous entretient de ses essais en poésie, puis il raconte comment il fut reçu avocat, ainsi que deux de ses amis.
« Au mois de juillet de l’année 1G51, j’allai prendredes licences à ( Irléans. On n’était pas, en ce temps-là, si difficile qu'aujourd’hui à donner des licences. Dès le soir même que nous arrivâmes, il nous prit fantaisie de nous faire recevoir, et, ayant heurté à la porte des écoles sur les dix heures du soir, un valet qui vint nous parlera la fenêtre, ayant su ce que nous souhaitions, nous demanda si notre argent était

