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qu’il devina sans peine tout ce qui s’était passé.
«D’où vient, lui dit-il, que la clef du cabinet n’est point avec les autres?
— Il faut, dit-elle, que je l’aie laissée là-haut sur ma table.
— Ne manquez pas, dit la Barbe-Bleue, de inc la donner tantôt. »
Après plusieurs remises, il fallut apporter la clef. La Barbe-Bleue, l’ayant considérée, dit à sa femme :
« Pourquoi y a-t-il du sang sur cette clef?
— Je n’en sais rien, répondit la pauvre femme, plus pâle que la mort.
— Vous n’en savez rien? reprit la Barbe-Bleue; je le sais bien, moi. Vous avez voulu entrer dans le cabinet! Eh bien, madame, vous y entrerez, et irez prendre votre place auprès des dames que vous y avez vues. »
Elle se jeta aux pieds de son mari en pleurant et en lui demandant pardon avec toutes les marques d’un vrai repentir de n’avoir pas été obéissante. Elle aurait attendri un rocher, belle et affligée comme elle était; mais la Barbe-Bleue avait un cœur plus dur qu’un rocher.

