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LE ROBINSON

un bon chrétien. Est-ce que cela ne peut pas saccorder avec ta volonté? Parfaitement bien, ma chère femme. Je te conterai quel­que jour lhistoire du vaillant Bayard, qui lut surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche. Tu verras sil avait de la religion; je pense que tu seras contente de sa mort, qui lut celle dun vrai chrétien. Bien dautres de nos héros nous ont donné le même exemple. Inspire donc à notre fils ces senti­ments de piété qui te rendent si bonne et te font trouver du plaisir à remplir tes de­voirs. »

A cinq ans Félix fut envoyé à lécole. Son père surveillait ses études, lui faisait chaque jour répéter ses leçons, et faire, sous ses yeux, une page décriture; sa mère lui ap­prenait des évangiles et lui enseignait à prier Dieu. Sa mémoire et son intelligence com­blaient de joie ses bons parents. Cependant une extrême pétulance, une grande dissipa­tion, nétaient pas les seuls défauts de len­fant; il montrait avec ses camarades une hu­meur querelleuse qui lui attirait souvent des