DE DOl'ZE ANS.

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horions ; et, à huit ans, il ne rentrait presque jamais quavec un œil poché ou une oreille déchirée. Cependant il ne se plaignait de personne; il avait bien pris sa revanche, et cela le satisfaisait. Félix eût donc été uu assez mauvais sujet si la crainte de son père ne l'eut retenu; mais le sergent lélevait avec une sage sévérité, qui nétait que trop tempé­rée par la tendresse souvent exoessive de la mère. Ce fut à cette époque quune fièvre épidémique enleva lhonnête Francœurà son épouse désolée, et délivra leur fils de cette crainte salutaire, si nécessaire à un caractère tel que le sien. Dès lors il se livra entièrement à son goût pour le jeu, négligea ses études, et ne tint aucun compte des douces répri­mandes de Suzanne.

Le voisinage dun port de mer avait ins­piré à Félix une forte inclination pour létat de marin. Souvent il séchappait du logis, à l'insu de sa mère, pour courir à Brest; il parcourait le port, montait dans les vaisseaux, et s'exerçait à grimper le long des cordages. Sa hardiesse et son agilité le firent remarquer