36
LE ROBINSON
chercher de l’ombre sous de grands arbres qui bordaient lu plaine, et je m'amusai à les examiner. J’en vis un dont le tronc était garni de gros fruits qui ressemblaient à des citrouilles, et j’en abattis un avec une grosse branche que j’avais trouvée à terre. L’écorce en était si dure que j’eus de la peine à en couper un morceau avec mon couteau; la chair était molle et jaunâtre, et le goût si désagréable que je ne pus en manger. Je jetai de eolère le fruit loin de moi, et j’étais de fort mauvaise humeur quand j’aperçus Castor qui revenait de sa chasse. Sa gueule était ensanglantée; il traînait le corps d’un animal qu’il avait étranglé, et dont il avait déjà dévoré une partie; cette vue me causa une grande joie. Je caressai mon chien, et comme il était rassasié, je n’eus pas de peine à m’emparer de sa proie. J’écorchai de mon mieux cet animal, qui était de la grosseur d’un lièvre, mais dont la tête ressemblait à celle du cochon Ce travail achevé, je courus à mon feu ; il brûlait encore sous la cendre; ie rassemblai les plus gros charbons et je fis

