DE DOUZE ANS.
41
poindre; c'était le moment favorable pour se remettre en route. Mes apprêts furent bientôt laits. J’enveloppai proprement la viande qui me restait avec de grandes feuilles d arbres, et je la liai dans mon mouchoir; je partageai mes œufs dans mes poches. Je remplis d’eau ma calebasse, et I attachai avec de la ficelle à une branche que je pris sur mon épaule, et je me mis en marche. Castor, qui avait amplement déjeuné du reste de sa chasse, me suivait gaiment avec mille sauts et mille gambades. Je n’oubliai pas d’élever mon cœur vers Dieu, et de le prier de bénir mon voyage.
Après avoir traversé l’immense plaine où nous étions, et dépassé les arbres qui l’entouraient, nous trouvâmes un terrain qui descendait par une pente douce, de manière que je fis plus d’une lieue sans éprouver la moindre fatigue. A mesure qne j’avançais, l’herbe devenait si haute qu’elle m’allait jusqu'aux épaules. De temps en temps il sortait, du milieu de ce gazon touffu, des couvées de petits oiseaux effrayés de notre

