DK DOUZE ANS.
43
faire une excellente pèche. Mais toutes ces choses me touchaient peu; j’étais loin de prévoir que je fusse destiné à me suffire, et je comptais toujours que d’autres travailleraient pour moi.^
Quand nous eûmes atteint le bas de la montagne le soleil était dans toute sa force, et nul arbre ne s’offrait pour nous mettre à l’abri. Je pris le parti de tourner à l’entour, et je découvris, avec grand plaisir, une cavité dans le roc, où nous pouvions nous retirer pendant la grande chaleur. J’y portai quelques grosses pierres dont je me fis un siège. Castor s’étendit à mes pieds. Le grand air et l’exercice m’avaient donné tant d’appétit que le morceau de viande qui me restait me parut bien petit, d'autant plus qu’il le fallait partager avec mon camarade; ce fut bien pis quand, en le développant, il exhala une si mauvaise odeur que le cœur m’en souleva. La grande chaleur l’avait absolument gâté; je fus obligé de l’abandonner à mon chien, qui n’en fit que deux bouchées, et de me contenter des œufs durs dont je m’étais

