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LE ROBINSON

travers sur les deux fourches, et je me mis À tourner la broche. Des pommes de terre qui cuisaient en même temps devaient augmenter lagrément de ce repas en me tenant lieu de pain. Lorsque mon rôt fut à moitié cuit, je larrosai du jus de citron ; Celui de la bête qui sy mêlait tombait dans ma tasse de calebasse que javais placée dessous, et forma une sauce qui ne me laissa rien à désirer. Nous soupâ- mes de grand appétit, moi et mon camarade. Avant de monter sur mon arbre pour me li­vrer au sommeil, je songeai à préserver le reste de ma viande jusquau lendemain ; je la mis dans le creux dun rocher, et la couvris légèrement de quelques feuilles, me flattant que, les nuits étant assez fraîches par le voi­sinage de la mer, elle se conserverait aisé­ment. Mon espoir ne fut pas trompé; nous eûmes de quoi manger le jour suivant sans que je fusse obligé de faire du feu et de perdre du temps à chercher notre subsistance.

Je moccupai donc uniquement dachever ma cabane; je cherchai parmi les pierres qui se trouvaient au bord de la mer ; jen trouvai