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LE ROBINSON

je la débarrassai entièrement de ses liens; elle men témoigna sa joie par mille gam­bades ; puis elle sétablit sur une bonne litière de feuilles sèches, et les jeunes chevreaux re­commencèrent à téter.

Je sortis alors de lenceinte, dont je fer­mai lentrée avec des branchages et des pier­res, et jallai me remettre au travail avec un cœur bien coulent. Je continuai de chercher, au milieu des plantes diverses qui croissaient dans les fentes des rochers ou à leur pied, celles qui me paraissaient propres à grimper le long de mes jeunes arbres et à rendre ma haie plus fourrée. Ce jour- j'en découvris une nouvelle dune espèce fort singulière, et que jai su depuis sappeler karatas. Ses feuilles, grandes et épaisses, étaient creusées au milieu en forme de coupe, et paraissaient composées dun tissu dont il me parut que je pourrais tirer du fil très fort; la tigeélaitdroite, et son sommet portait, au milieu dune touffe de feuilles, quantité de belles fleurs rou­ges. Je transplantai quelques-uns de ces jo­lis arbrisseaux qui me servirent à fortifier les