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son cœur put encore s’ouvrir, était celle qu'il éprouvait à la vue de sa fille unique, qui n’avait que cinq ans au moment de la mort de sa mère. C’était tout ce qui lui restait d’une famille nombreuse. Elle se nommait Marie ) ainsi que sa mère, dont elle était e\i tout l'image fidèle. Déjà comme enfant sa beauté la faisait remarquer ; mais en grandissant elle ne fit qu’embellir encore : ce qui surtout lui donnait un charme inexprimable, c’était l’expression religieuse, l’innocence, la modestie* la bienveillance qui se peignait dans ses yeux. La bonté brillait sur sa figure : en l’apercevant, on eût dit voir un ange; elle n’avait pas atteint sa quinzième année, qu’elle soignait déjà seule le petit ménage de son père. La chambre où tous deux se tenaient habituellement, se faisait remarquer par une extrême propreté; la batterie de cuisine semblait sortir des mains de l’ouvrier, tant elle était brillante; la maison entière offrait un modèle d’ordre. Marie, dont le zèle était infatigable, cherchait de plus à soulager son père dans la culture du jardin , et les moincns qu’elle consacrait à cette douce occupation, étaient pour elle la source des plus pures jouissances; car ce père sage savait par ses discours, tout à la fois instructifs et agréables, faire passer les heures de travail comme des heures de récréation.
L’univers de Marie se bornait à son jardin ; élevée au milieu des plantes et des fleurs,

