leur vue était sa joie la plus grande : son père faisait venir pour elle chaque anuée des semences, des oignonset desboutures de plantes qui lui étaient inconnues. Il lui permettait de garnir de fleurs le bord des plate-bandes. Il KHirniit par là à sa fille une occupation agréable pendant ses inomens de loisir; elle donnait à ses jeunes plantes les soins les plus assidus : dés qu’elle voyait éclore un bourgeon d’une espèce nouvelle, elle le contemplait avec attention, curieuse de savoir à quelle fleur il donnerait naissance; à peine pouvait- elle attendre le moment où il s’épanouitsa joie était extrême quand enfin elle apercevait cette fleur si long-temps désirée briller dans tout son éclat. «Voilà une joie pure et innocente, disait alors son père en souriant. Combien de parens dépensent beaucoup d’argent pour procurer à leurs filles des bijoux et des objets de toilette, et cependant ne leur causent pas une jouissance aussi grande que celle que font éprouver à Marie ces semences achetées à si peu de frais. *
En effet, chaque mois, chaque semaine apportait à Marie de nouvelles sources de joie, Souvent, dans son ravissement, elle s’écriait : «Le paradis n’élait sans doute pas plus beau que notre jardin! » Aussi tous ceux qui passaient devant cet enclos, s'arrêtaient pour admirer les belles fleurs qui s’y trouvaient. Chaque jour les enfans de l’endroit accouraient pour les contempler à Iratcrs le

