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porterais avec joie ; mais ce qui me tour- mente le plus, c’est l’idée que vous puissiez avoir à souffrir à cause de moi.®
«Aie confiance en Dieu, répondit le vieillard , et ne crains rien. Sans la volonté du Seigneur, il ne tombera pas un cheveu de notre tête. Tous nos destins sont dans la main de Dieu, ainsi donc tous doivent servir à notre salut. Que voulons-nous de plus? seulement • ne te laisse pas intimider, et sois toujours fidèle à la vérité. Quelques menaces, quelques promesses qu’on puisse te faire, ne dévie en rien de ce qui est vrai, et ne blesse pas ta conscience. Par là tu demeureras en paix avec toi, quand tu serais même au fond d’un cachot. ®
«On viendra sans doute nous séparer, bonne Marie, ton père ne pourra plus te consoler; mais élève ton ame vers ton père céleste : il est le protecteur de l’innocence, et rien ne peut t’enlever son appui. *
Soudain la porte s’ouvrit avec force; le bailli de justice, le greffier et plusieurs ser- gens entrèrent dans la chambre. Marie, jetant un cri d'effroi, s’attacha au cou de son père.
« Séparez-les, s'écria le bailli, les yeuxétin- celans de colère; que la fille soit enchaînée et jetée dans un cachot; que le père aussi soit gardé à vue. Occupez la maison et le jardin, veillez partout, que personne n’y entre jusqu’à ce que le greffier et moi nous ayons fait une sévère perquisition. "

