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semble la voir déjà, cette couronne de gloire, entourée de rayons dorés. Les fleurs de la terre sont éphémères comme scs joies; elles se 11e- trissent en un instant. Les peines terrestres aussi sent de courte durée; et-haut nous attendent une félicité éternelle et une gloire impérissable. a

Tout à coup un nuage épais vint obscurcir la lune. Marie napercevait plus ses fleurs, et de profondes ténèbres lentourèrent : son cœur fut oppressé de nouveau : mais bientôt le nuage se dissipa et les rayons de la lune brillèrent do leur premier éclat.

« Cest ainsi, dit alors Marie, que linno­cence peut être ternie; mais à la lin elle ré­parait dans tout son jour : le nuage épais du soupçon pèse en ce moment sur moi; mais, ô Dieu ! tu feras triompher mon innocence de toutes les fausses accusations quon élève en ce moment contre elle.®

Marie reprit place sur sa couche de paille, et bientôt un sommeil doux et paisible ferma ses yeux. Pendant quelle dormait, un songe agréable vint soulager son cœur et y ramener la paix. Il lui sembla quelle se promenait à la clarté de la lune dans un jardin quelle ne connaissait pas encore. Il était situé dans une contrée sauvage au milieu de sombres sapins; rien négalait sa beauté. Jamais encore la luiic ne lui avait paru si brillante et si pure. Toutes les fleurs du jardin, éclairées par sa douce lumière, embaumaient lair de leurs parfums.