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fion au digne Jacques; ses larmes coulèrent en abondance. «Dieu soit béni, s’écria-t-il enfin en joignant les mains; Dieu soit béni du courage et de la résignation que tu montres. Il est bien dur pour un vieillard, pour un père tendre, de se voir enlever ainsi son enfant unique, l’objet de son amour, sa seule consolation, son dernier soutien, la joie et la couronne de sa vieillesse. Cependant, ajouta-t-il d’une voix interrompue par sessanjlots, Seigneur, que ta volonté soit faite ! Le sacrifice que tu me demandes est cruel pour le cœur d'un père ; mais je veux m’y soumettre ; la voilà, je te la donne. Je remets en tes mains ce que j’ai de plus cher ici-bas; près de toi elle n’aura plus rien à redouter. Je la confie à ton cœur paternel, à ta tendresse infinie; mieux que moi tu veilleras sur elle. Chère Marie, il vaut encore mieux pour toi mourir innocente sous le glaive de la justice, que si j’avais dû te voir sucomber à la séduction d’un monde corrompu, dépouillée de ton innocence et entraînée dans la voie du péché! Pardonne, si je te parle ainsi : tu es bonne, je le sais, bien bonne, digne d’être admise parmi les anges du ciel ; mais le monde est méchant et pervers, tout est possible, les anges mêmes n’ont pas été à l’abri d’une chute. Meurs donc, si telle est la sainte volonté de Dieu ; emportes en mourant ton innocence ; c’est la mort la plus belle, quelque sanglante qu’elle puisse être, Semblable à un lis pur et

