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pour moi que je nai fait pour lui. Cest lui qui a attiré sur mon toit la bénédiction di­vine , et je serais plus heureux à présent si javais suivi en tout point ses avis. Depuis sa mort, la seule joie qui me reste, cest mon jardin; et cest encore à ses sages conseils que j'en suis redevable; cest lui qui ma fait songer à me réserver ce petit coin de terre, et cest lui enfin qui ma appris à le culti­ver. Depuis que mes forces ne me permettent plus de guider la charrue, je travaille ici, et je cherche au milieu des plantes et des fleurs la paix que je ne trouve plus dans ma de­meure.

Sur ces entrefaites, Marie était allée cher­cher la vieille fermière dans sa petite cham­bre et l'amenait dans le jardin en lexhor­tant à ne pas se laisser intimider. Jamais de sa vie la boïine femme navait parlé à daussi grands seigneurs : elle sapprochait lentement et avec beaucoup dembarras ; elle se vit éga­lement comblée déloges et de remercimens.

Confus de tant de bonté, les deux vieillards pleuraient de joie comme des enfans. Enfin , sadressant à Marie : «Ne te lavais-je pas prédit, sécria le vieux paysan, ne tai-je pas répété constamment que tu finirais par être récompensée de ton amour filial envers ton père?" La bonne femme avait repris courage, elle ajouta, en contemplant la belle robe de Marie : «Oui, oui, ton père avait bien raison lorsquil te disait : celui qui

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