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mie. Il n’cxiste personne sur la terre qui puisse dire du mal sur mon compte , aucun pauvre ne peut se plaindre d’avoir quitté ma porte les mains vides. Je ne saurais, en vérité , en quoi il ine faudrait changer ; je croyais jusqu’ici que M. le curé me regardait comme l’une des personnes les plus pieuses et les plus vertueuses de toute sa paroisse. *
Le respectable ecclésiastique se vit obligé de lui parler avec plus de force pour l'amener à reconnaître ses torts. Il lui prouva de la manière la plus claire qu’elle aimait encore l’argent au-dessus de toutes choses; qu’elle confondait l’avarice avec l’économie : vertu très-louable en effet, tandis que l’amour démesuré des richesses était une véritable idolâtrie. Il lui représenta que l’aveugle colère qui la dominait, méritait d’être rangée parmi les vices les plus détestables; qu’elle ne connaissait ni la patience ni la douceur, qualités si aimables et absolument nécessaires aux femmes; que par son avarice et ses em- portemens elle avait empoisonné les jours de son mari ; qu’elle avait chassé avec cruauté Marie, une pauvre orpheline, et qu’enfin, au lieu d’aimer et de respecter les parens de son époux comme s’ils eussent été les siens, elle les avait exilés de leur habitation à force de mauvais procédés. Que, quant aux devoirs importans de la bienfaisance, elle n’y avait nullement satisfait en donnant de temps à autre un petit morceau de pain ou

